vendredi 21 septembre 2018

PETIT RAT DE L’OPERA


Après la visite médicale Lisa fut appelée chez la directrice, habituellement seules les élèves indisciplinées étaient invitées chez elle cet appel la laissa perplexe.
Lisa était le meilleur petit rat de l’opéra, on lui prédisait un avenir d’étoile et sa vie tournait uniquement autour de l’opéra. Elle tiendrait le premier rôle pour le prochain ballet, sa plus grande fierté, c’était la seconde fois qu’elle était la vedette.
Arrivée au bureau de la directrice le cœur de Lise se mit à battre la chamade sans raison, elle n’avait rien à se reprocher.
  • Avancez mon petit et asseyez-vous là, dit la directrice en continuant :
  • Lisa, vous savez que je vous estime beaucoup mais je ne peux plus vous garder
Lisa ouvrit des grands yeux étonnés, sentant qu’elle avait été un peu brusque la directrice rougit puis continua :
  • Je n’ai rien à vous reprocher mon petit, uniquement votre taille…
  • Je ne comprends pas Madame répondit Lisa mal à l’aise.
  • Vous ne grandirez plus répondit doucement la directrice, le médecin me l’a confirmé, je suis désolée ! Vous pouvez sortir, j’écrirai à votre mère finit la directrice mal à l’aise.
Sans rien dire Lisa sortit, en une minute tout son avenir s’écroulait pour quelques centimètres. Jamais elle ne pourrait comprendre une telle injustice, « c’est trop dur » pensa Lisa en entrant dans sa chambre. Elle rangea ses quelques affaires dans sa valise et sortit, sa mère habitait tout près, elle pourrait revenir chercher le reste plus tard, plus jamais elle ne remettrait les pieds à l’opéra.
Lisa se précipita chez elle, qu’elle ne fut sa surprise d’y trouver un homme vêtu d’une robe de chambre ; elle ne le connaissait pas. Sa mère arriva un peu gênée :
  • Que fais-tu là Lisa ?
  • Je suis trop petite, je ne serai jamais étoile de l’opéra, je ne veux pas rester et voir les autres triompher.
Sa mère ne répondit pas, l’homme sortit discrètement, Lisa pleurait silencieusement puis elle entendit sa mère lui dire la voix tremblante :
  • tu ne peux pas rester ici 
  • Pourquoi ?
  • Jamais René ne l’accepterait, il paye le loyer, tu comprends insista sa mère, il faut trouver une autre pension.
Lisa ne répondit pas, elle comprit qu’on pouvait tout perdre en un seul jour, elle courut s’enfermer dans sa chambre. Peu importe telle ou telle pension, rien ne pouvait l’affecter plus que sa taille et son départ de l’opéra. Elle cacha sa tête sous l’oreiller en pleurant doucement, son père lui avait dit un jour «  on peut tout perdre sans le mériter », le sommeil l’emporta vers le lac des cygnes.
Elena




mercredi 19 septembre 2018

LE 14 JUILLET
A Paris tous les ans
On dansait le quatorze juillet.
Chaque quartier
Avait sa célébrité.
André Verchuren
Rassemblait bien du monde.
Yvette Horner
Avait autant de succès,
Et, n’oublions pas Fontaine.
Les bals étaient gratuits,
On y dansait toute la nuit.
Cette époque est révolue,
Mais les moins jeunes s’en souviennent !
Elena


lundi 17 septembre 2018

#lundi soleil
septembre chat
chat : Janna garde l'ordinateur de mon fils (son maître)
Elena 2018

vendredi 14 septembre 2018

PERE ALEXIS
Quand je fis sa connaissance il était un Prêtre honorable et avait l’air d’un ange, et pourtant…
Dans sa jeunesse Alexis vécut avec une femme, la laissant croire qu’il allait l’épouser et la pauvre Véra lui faisait une confiance totale. Ils sortaient souvent à trois, une amie de Véra qui s’appelait Macha, tous trois vivaient une vie heureuse plus ou moins aux crochets de Véra qui peignait et commençait à gagner sa vie avec ses portraits. Cela dura un certain temps , quand un jour Véra rentra chez elle, trouvant une enveloppe, elle l’ouvrit et lut - Excuse moi Véra, je suis un monstre, je comprendrai que tu ne me le pardonnes pas, je pars avec Macha. Je t’ai emprunté de l’argent et pris tes bijoux, je te les rendrai dès que j’aurai trouvé un emploi.
Véra s’effondra un moment puis sa vie reprit son cours, elle tomba amoureuse d’un autre. Dans cette histoire elle perdit tout ses biens et ce fut très dur pour elle sur le plan matériel.

Un jour Véra reçut une lettre d’Alexis, elle en rit et la fit lire à son mari, à qui elle avait raconté son histoire.
Alexis avait épousé Macha, ils étaient partis en Nouvelle Zélande et il se fit ordonner prêtre orthodoxe, il avait un fils. Bien sûr il s’excusait pour son vol et disait qu’en tant que prêtre il gagnait peu d’argent mais dès qu’il pourrait il la rembourserait. Durant plusieurs années Véra recevait régulièrement une lettre, elle avait appris qu’il avait eu un autre enfant puis un troisième, la caisse était toujours vide et il ne pouvait pas la rembourser puis il continua à écrire sans parler d’argent, l’affaire était close pour lui.
Il était très doué en physique et écrivit un livre qui reçut un prix, cela lui prenait beaucoup de temps, en plus, il voyageait pour parler de son livre, ainsi il retrouva Véra un jour en France.
Père Alexis promis à Véra de lui acheter des icônes pour son église ou d’autres, ainsi il l’aiderait financièrement, elle avait des difficultés d’argent assez importantes.
Au retour en Nouvelle Zélande, il tint parole et Véra lui envoyait des icônes , en retour il lui envoyait de l’argent.


Véra correspondait avec le père Alexis depuis 40 ans, lui envoyait régulièrement des icônes, il renvoyait de l’argent, elle était contente, bien qu’elle trouvait que la somme était modique par rapport aux églises de Paris, ils sont plus pauvres là-bas pensait-elle, et le sujet restait clos.
Un jour le père Alexis devait venir en France avec sa femme, ils avaient envie de revoir l’Europe. J’étais de passage chez Véra, il devait venir sans sa femme.
Quand je le vis je fus sous le charme, un vieil homme angélique, au regard franc, pénétrant, je lui aurai donné le Bon Dieu sans confession. Je me souviens, il parlait de la Nouvelle Zélande à mes enfants avec beaucoup d’intérêt et pédagogie, il nous a enchanté.
Quelques temps plus tard Véra fut gravement malade, père Alexis lui écrivit une lettre qu’elle me fit lire
Chère Véra,
Tu ne me changeras pas, j’ai toujours été malhonnête, je t’ai encore volé avec les icônes, elles valaient plus que le prix que je t’envoyais, comprend-moi, j’avais tellement envie de revenir en France, revoir les pays d’Europe avec Macha, les endroits où nous avions été si heureux tous les trois que j’ai puisé dans les réserves de l’église et grâce à tes icônes je peux rembourser petit à petit. Je ne peux pas me permettre d’être renvoyé en tant que prêtre, à mon âge je ne trouverai rien, puis il y a mes enfants qui ont confiance en moi. J’espère que tu ne m’en voudras pas, merci pour tout,
Ton Alexis avec toute mon affection.
Véra mourut peu de temps après, père Alexis n’avait pas changé d’après la lettre, j’ai un livre de la Nouvelle Zélande qu’il avait offert à mes enfants, seul signe restant d’un voleur angélique.
Elena

mercredi 12 septembre 2018

LES CERISES

J’étais enceinte de 7 mois et demi, je remontais une route pour rentrer chez les grands-parents de mon mari, j’étais en vacances chez eux. Je vois un champ, pas de barbelés et des cerises toutes mûres !
Je ne suis pas une voleuse mais marauder pour moi n’était pas du vol si on en prenait que quelques unes. Je monte dans le champ et je mange quelques cerises sur un arbre, c’est là que j’entends un fermier me crier dessus ; apeurée je me met à courir vers la route pour rentrer en priant tous les Dieux qu’il ne dise rien aux grands-parents.
Il courait avec sa fourche, je m’étais retournée et il a vu mon ventre alors il a haussé les épaules et s’en est retourné de l’autre côté.
Je me sentais plus à l’aise et je me reposai un peu avant de continuer mon chemin. J’arrivai chez les grands-parents, j’ai préféré avouer que j’ai mangé une poignée de cerises plutôt que s’ils l’apprenaient du fermier.
J’ai toujours trouvé que les fruits cueillis sur un arbre, même le mien sont meilleurs que servis sur un plateau. Les grands-parents n’avaient pas de cerises à ce moment.
J’ai dû promettre de ne plus chaparder un seul fruit, j’ai tenu ma promesse mais ce fut dur !
Elena