vendredi 16 novembre 2018

ALEXIS
Il est venu de Kharbin en 1960, dans le groupe de Wladimir, dans une maison de retraite russe. Il avait été enseignant, puis travaillé pour les chinois et appris le livre rouge de Mao, il avait aussi changé plusieurs fois de nationalité. Alexis avait eu plus de chance que d’autres, il avait épousé une chinoise et avait pu trouver du travail plus facilement, après l’enseignement on l’autorisa à être vendeur avec son épouse. Un fils naquit de leur union, quand le fils eut 8 ans, sa mère mourut d’un cancer, et le père fut prié de choisir parmi un pays d’Europe ou d’Amérique, il choisit la France et put emmener son fils avec lui.
Le groupe comportait un garçon de 10 ans qui s’appelait Vassia, enfant très typé ressemblant plus à la mère qu’au père.

Au début la Directrice trouva un établissement pour Vassia qui pouvait étudier le russe et le français, le gamin ne parlait que russe et chinois. Le fils vivait dans l’établissement scolaire et revenait pour les vacances scolaires voir son père.
Un enfant s’élève avec de l’argent malheureusement et la Directrice proposa à Alexis d’apprendre le métier de pope, il n’avait fait aucun effort pour travailler : il était plutôt mou. C’est ainsi qu’il étudia le métier de pope, il réussit l’examen, il travaillait dans différentes églises russes et rentrait dès qu’il avait fini un remplacement. Il n’était pas vraiment croyant et son camarade Wladimir le faisait enrager, il n’avait pas le choix.
La vie coulait doucement et Vassia eut 18 ans, il voulait aller dans une école supérieure, il n’en était pas question, la paye de son père ne le permettait pas. Un jour la Directrice les fit venir, elle était triomphante, elle avait réussi à obtenir une bourse pour le gamin, le père n’y avait même pas pensé. Vassia fit des études supérieures et réussit à avoir son logement, un métier intéressant et une épouse.
Alexis, n’était pas très dégourdi, il n’aimait pas son travail, pas la vocation, il n’allait pas toujours où il était envoyé, il n’avait presque pas de moyens mais vivant dans une maison de retraite il ne se plaignait pas.
Son fils finit par ne plus venir, la dernière fois qu’il le vit se fit pour le mariage, il ne sut pas s’il était grand-père ? Il avait l’âge d’être grand-père avec son fils, s’étant marié sur le tard.
La vie continua, Wladimir partit ailleurs, Alexis s’ennuya mais ne le montra pas, il vivotait avec l’espoir de revoir Vassia.
Le vit-il, je ne sais pas, je l’ai perdu de vue ?
Elena

mercredi 14 novembre 2018

JE T’AIME
Sabine n’a jamais su dire « Je t’aime » ni à ses parents ni à sa sœur ni à son petit frère. Pourtant elle fut une fillette aimée et quand son petit frère lui disait :
  • Sabi… Je t’aime en riant. Elle répondait :
  • Tu es mon petit frère préféré.
  • Tu n’es as pas d’autres répondait-il étonné.
  • C’est pour ça que tu seras toujours mon frère préféré.
Les deux enfants s’en amusaient. Elle disait la même chose à ses parents  « mon papa ou ma maman préférée » et tout le monde était habitué à ce manque de tendresse visible.
Le jour où Sabine tomba amoureuse elle dit à Thomas :
  • tu es mon Thomas préféré,
  • tu en connais combien ?
  • Juste toi !
Cela dura plusieurs mois avant qu’elle puisse lui avouer son amour pour lui et le jour de son mariage elle réussit à dire à chaque membre de sa famille qu’elle les aimait ; ce fut le plus beau jour pour toute la famille après une telle confession !
Elena

lundi 12 novembre 2018

#lundi soleil
novembre : violet
violet :Linaé, la chienne de ma petite-fille, entourée de violet !
Elena 2018

vendredi 9 novembre 2018


LA GALERIE TRETIAKOV
L’autre jour je vous ai mis les tableaux qu’on trouvait au musée Russe à Saint Pétersbourg , et là je vous mets des tableaux russes aussi qu’on trouve dans la galerie Trétiakov à Moscou. Souvent on fait visiter la galerie Trétiakov aux touristes et pas le musée Russe mais j’ignore la raison ?
Je ne pouvais pas tout mettre alors j’ai essayé de mettre les plus représentatifs comme André Roublev, Tolstoï, Les ours, la réunion révolutionnaire des décembristes, les 3 chevaliers (en désordre),,,
Elena 2018

mercredi 7 novembre 2018

ADIEUX
Ils s’étaient dit adieu
La fin était prochaine.
Elle attendait son fils
Vivant là-bas au loin.
Ils attendaient sa fin,
Elle attendait Alain,
Les adieux étaient longs
Duraient jusqu’à sans fin.
Alain est arrivé
De son pays lointain,
Il embrassa sa mère
Ferma ses paupières,
Il était en retard,
Elle avait dit adieu !
Elena

lundi 5 novembre 2018

#lundi soleil
novembre : violet
violet : vitraux de l'abbaye de Tournus
Elena 2018

jeudi 1 novembre 2018

Noël 1962
Pour ce Noël, comme tous les ans je le fêtais avec ma sœur, notre père était mort en mars et nous étions un peu tristes. Une sonnette retentit et ma sœur me demanda d’aller voir qui c’était, je descendis l’escalier et j’ouvris, il n’y avait personne, par terre il y avait des paquets cadeaux enveloppés. Je ramassai et montais dans l’appartement et nous regardâmes ; il y en avait pour tout le monde : ma sœur, son mari, les 3 enfants et moi. J’ouvris le mien et je trouvai une superbe radio que tu avais faite entièrement de tes mains. Ma sœur cria « va le chercher qu’il reste réveillonner avec nous » je redescendis je cherchai dans la rue mais tu avais disparu après avoir déposé les cadeaux. Les larmes coulaient de mes yeux, tu n’as pas voulu nous déranger et je ne savais pas où te chercher, je remontai et je vis mes neveux heureux avec leurs cadeaux !
On s’est vu le lendemain et on se maria le 29 mais tu étais resté discret me disant « c’est une fête familiale je ne voulais pas me sentir de trop »
Avant la fin de ta vie tu m’achetas une voiture neuve, un ordinateur portable pour que notre fils puisse me dépanner quand tu ne seras plus là et un smart phone neuf pour être sûr que je ne tombe pas en panne aussitôt.
Tel était mon mari à qui j’ai voulu rendre hommage car il est parti il y a un an le 4 novembre.
Elena 2018

mardi 30 octobre 2018

DISTRAITE

Marie était distraite, elle essaya de se corriger mais le résultat n’était pas visible. Le matin elle souhaita un bon anniversaire à sa mère au téléphone, celle- ci lui répondit agacée :
  • Voyons ce n’est que le mois prochain !
  • Comme ça je te le souhaiterai deux fois maman !
C’était l’anniversaire d’un membre de la famille mais qui ? Pas ses fils ni son mari restaient les oncles et les tantes mais ce n’était pas grave si elle oubliait.
Marie fit ses courses en oubliant la moitié, elle était coutumière du fait. Pendant les courses elle récitait des tirades de théâtre et oubliait la liste des courses. Elle voulait être actrice dans un théâtre mais pour les auditions elle se trompait toujours de jour ou d’heure alors elle ne pouvait pas savoir si elle était douée ou pas.
L’après-midi, Marie partit travailler, elle était à mi-temps en tant que secrétaire chez un employeur aussi distrait qu’elle, il oubliait de la payer à l’heure, elle oubliait de venir pour 14 heures et tous les deux en riaient.
Le soir Marie faisait travailler ses garçons, enfin s’ils demandaient, puis elle préparait le dîner pour toute la famille, souvent son mari rentrait à ce moment et le repas était brûlé. Elle avait tant de choses à dire à son époux si ce n’est le contraire.
Ce soir-là il avait des fleurs dans la main et un paquet enveloppé qu’il lui tendit :
  • Bon anniversaire ma chérie ;
  • Mais ce n’est pas mon anniversaire répondit-elle sûre d’elle !
  • Presque, cela fait quinze ans que nous sommes mariés !
Marie rougit, elle savait bien qu’il y avait un anniversaire aujourd’hui mais n’avait pas pensé à celui-là, elle balbutia :
  • J’ai aussi un cadeau pour toi mais c’est une surprise, il n’est pas prêt avant deux jours.
  • Cela n’a pas d’importance répondit son mari en souriant.
Marie remercia pour les fleurs et le parfum et alla dans la cuisine, elle devait faire un repas amélioré pour l’occasion et mettre une jolie robe. Elle prit une bouteille de champagne en soupirant :
  • Comme j’aimerai être comme les autres femmes et me souvenir de tout !
Elena

lundi 29 octobre 2018

#lundi soleil
octobre : rose
rose :fleurs dans le parc du château où se maria mon petit fils !
Elena 2018

vendredi 26 octobre 2018

LA VERITE

Alice tu voulais partir demande Luc ? – Oui, dis-je – Je ne peux pas mentir, c’est inné. Luc est un flirt, je ne l’aime pas et je cherche la sortie. Il est triste, je n’y peux rien.
Les médecins puis psychiatres se sont penchés sur mon cas, ils ont fini par dire « Elle a un défaut au cerveau, très léger, il peut être la cause de son problème "
Depuis mes premiers souvenirs, je ne pouvais pas mentir même si je voulais, cela sortait tout seul sans que ma volonté le veuille. Il en résultait parfois des incidents amusants, du style :
  • Ton papa est là ? … Oui !… Il ne vient pas ?… Il ne veut pas vous voir…J’avais 4 ou 5 ans, on pouvait dire « C’est mignon » mais à dix ans si on me disait :
  • Tu ne m’aimes pas, à l’école ? je disais aussi « oui » quand c’était vrai sans pouvoir me retenir. Bien sûr je n’ai jamais pu cacher mes mauvaises notes et aucune copine ne m’a jamais confié ses secrets, instants pénibles dans ma vie, on se méfiait de moi, ils avaient raison.
  • Qui a volé le crayon de Claude ? … Françoise Madame répondais-je et pourtant je n’aimais pas les fayots ou rapporteurs. La honte m’assaillait et je n’osais plus parler aux enfants.
Mes parents se rendaient compte de la situation délicate où je me trouvais, ils me firent le tour des médecins puis des psychiatres et se contentèrent de la thèse qu’il me manquait un élément au cerveau ou tournait mal, on ne pouvait absolument rien y faire. Là je fis une petite dépression, j’avais déjà 13 ans, puis, je décidai de vivre avec. C’est ainsi que je pris quelques décisions : je prévenais les gens avant qu’ils me parlent – Attention, je ne peux pas mentir et même si je fais mal je serai obligée de dire la vérité. Certains croyaient que je provoquais, ils se taisaient ou essayaient pour voir jusqu’où ils pouvaient aller ? Un professeur me dit un jour :
  • Es-tu amoureuse d’un de tes camarades de classe ? Nous n’étions pas en cours, en récréation et je n’étais pas seule, je rougis en répondant –Non… Alors d’une autre personne continuas-t-il, de qui  ? … De vous fis-je rouge comme une tomate, gêné, il se tut et partit.
La situation devenait vraiment intolérable. Je n’avais pas d’amis, à force de gaffes, tout le monde se méfiait de moi. Je revois Louis me suppliant – Surtout ne dit pas que tu m’as vu avec Lola, jamais Céline ne me le pardonnera. Evidemment, Céline me demanda si j’avais vu Louis et avec qui, je le lui dis, je n’arrivai pas à me taire…

Il était temps que je me préserve, pour commencer j’avais décidé de ne plus parler. Je réussis à me taire quand mon oncle me demanda si j’allais rentrer à l’université mais malgré moi je hochai la tête, le résultat était le même. Je voulais être actrice, ne pas faire l’université (rêve de mon père) juste les cours pour être actrice.
Mon père avait ri – Une actrice qui ne sait pas mentir comment feras-tu ? Je réfléchis à cette éventualité - Je peux faire du comique, j’ai toujours fait rire, au moins là ce sera pour la bonne cause. Mon père sourit, il n’y croyait pas alors il me laissa passer un casting.
Le soir en rentrant, je chantais, cela ne m’était pas arrivé depuis des années, courant vers mon père je lui criai – Je suis prise, je jouerai un rôle qui raconte mon histoire ! Mon père se retourne étonné  - Ils vont faire une pièce spécialement pour toi ? – C’est ce que j’ai compris, ils étaient très intéressés par mon histoire et m’ont posé plein de questions, je n’ai même pas fait d’essais au fait.

Ma mère ne savait pas comment me prendre, elle s’occupait de mes frères et sœur et me laissait un peu de côté. Je la comprenais mais par moments j’en ai souffert.
Maintenant que je viens d’avoir 18 ans, elle est soulagée, elle ne se sent plus responsable de moi et l’idée de théâtre ou autre ne la dérange pas du tout.
Je réussis à rendre ma mère complice, lui demandant de me faire réciter des textes.
Elle me fit remarquer avec un grand étonnement : - Mais tu arrives à mentir ?
  • Je ne mens pas,  je répète un texte qui ne me concerne pas … En effet, je pouvais jouer, tant qu’on ne me demandait pas à moi mais à une inconnue
en l’occurrence l’héroïne du texte, je pouvais mentir, souffrir, donner tous les sentiments que je ne pouvais donner dans la vie courante.
Il ne me restait plus qu’à passer des castings pour entrer en tant que comédienne, j’étais capable de jouer du comique, comédie ou drame.
      C’est ainsi que je fus prise dans un rôle dramatique au théâtre de la Gaité, je
n’avais pas parlé de mon handicap et je fus prise de suite.
Les personnes ne m’avaient pas posé de questions indiscrètes et il n’y a pas eu d’incidents, je rentrai heureuse de cette réussite, la première de ma vie !

Tous les matins je me retrouvais avec les autres acteurs, nous répétions, ensuite j’évitais leur contact de peur de gaffer. Pas d’amis, des camardes, rien de plus, ma vie depuis toujours alors je m’y faisais à la solitude. Dans ma loge je lisais, j’écoutais des cassettes ou j’écrivais mon courrier…
Luc était un bel homme brun, séduisant et Don Juan. Je le savais mais je n’ai pas su me préserver, nous sommes sortis durant un mois. Le jour où il tourna autour d’une nouvelle arrivée, je décidai de partir avant de trop souffrir, la coupure fut vite terminée. Seule, je pleurais un peu, je me consolais en sachant que d’autres m’aimeront pour moi, je ne pouvais pas ne pas y croire.

Nous allons jouer demain, ce sera la première et le tout Paris sera là. J’ai un trac fou, les autres me disent que c’est naturel, je hoche la tête et la peur ne me quitte pas. Je passe la journée à répéter avec Lucas, mon partenaire dans la pièce.
Le soir nous sommes morts de fatigue :
  • Tu n’as pas le trac ? Mais si, répond Lucas, seulement après 5 ans je commence à le gérer, et toi tu es verte de trouille … Je ris pour me donner contenance et ne dis rien. – Tu viens dîner à la pizzeria du bas et après tu iras te coucher me conseille Lucas – J’arrive lui dis-je en me préparant.
Après avoir ingurgité une bonne pizza puis une glace, je me sens mieux, Lucas est un compagnon très gai et n’a pas arrêté de me faire rire, il ne m’a pas mis mal à l’aise une seule fois.
  • Je te raccompagne ? J’accepte en regardant ailleurs, je n’avais pas envie d’être seule.
  • Je peux monter demande Lucas arrêté devant ma porte. Comme j’aimerai pouvoir dire « Non, c’est trop tôt » mais mes lèvres disent « oui » et des larmes coulent sur mes joues.
Etonné, il me demande … Pourquoi ces larmes ? Là j’avoue tout, l’horreur de ne pouvoir mentir parfois, ma vie cassée à cause de ce handicap…
Il me prend par l’épaule et me conduit chez moi, m’embrasse sur la joue et repart sans se retourner. Je m’endors en pleurant…

Le lendemain, tout le monde est un peu nerveux, nous préparons les dernières répétitions, peu pour ne pas tout oublier. Lucas m’a souri en arrivant, c’est tout, mais je me sentis pousser des ailes.
Vers 17 h la matinée eut lieu, une fois entrée dans la salle, je ne regardai personne et me concentrai entièrement à mon texte et aux acteurs avec qui je jouais, je savais que mes parents avaient eu des invitations mais j’évitais de regarder dans la salle.
Le dernier acte fini, les applaudissements jaillirent de la salle, je vis mes parents applaudir, ils étaient venus et j’en fus heureuse, ils me reconnaissaient dans cette vocation.
Les critiques étaient bonnes, mes parents m’avaient complimenté, ils étaient fiers de moi. Lucas entra dans la loge avec un petit bouquet de fleur, je levai la tête étonnée … C’est pour te remercier dit-il sans toi j'aurai joué moins bien mon rôle – Comment ? – Tu fus la partenaire idéale insista-t-il et il sortit discrètement saluant mes parents.
  • Il te plaît dit ma mère ? Oui, tu sais bien que je ne puis mentir dis-je en riant.
C’est ainsi que je trouvais ma vocation et un futur fiancé charmant malgré mon défaut souvent gênant.
Elena


mercredi 24 octobre 2018


               AMOUR PLATONIQUE

Tu étais marié,
Elle l’était aussi 
Le hasard vous a réuni.
L’amour omniprésent
Ne vous a pas quitté.
Vos yeux parlaient
Brillants d’ardeur.
Vos mots sautaient
Mais restaient sages.
Tu ne l’as pas trompée,
Elle ne t’a pas trompé.
L’amour fut platonique !
Elena



lundi 22 octobre 2018

#lundi soleil
octobre : rose
rose : flamands roses lors d'une visite dans un zoo !
Elena 2018

vendredi 19 octobre 2018


MUSEE RUSSE
Il se trouve à St Petersburg et contient toutes les œuvres des peintres russes les plus célèbres de toutes les époques. Quand j’y suis allée on ne le montrait pas aux touristes et j’ai eu la chance que des amis russes m’y aient amené. Les touristes allaient voir les peintres impressionnistes des autres pays.
Il fut construit par Nicolas II et après la révolution on y mit les œuvres des nobles, bourgeois et autres qui constituaient le patrimoine russe. Outre les tableaux il y a plus de 6 000 icônes.
Je vous mets 2 icônes connues et les tableaux les plus représentatifs de l'art russe,
Elena 2018

mercredi 17 octobre 2018

IL RÊVAIT
François rêvait sa vie, il ne la vivait pas. Il songeait à tous les voyages qu’il aurait aimé faire, à tous les métiers qui lui auraient plu, aux filles qu’il aurait
voulues… Mais sa vie était vide, sans aucun intérêt !
Il pensait au futur, le passé il ne s’y arrêtait pas, le présent il s’en accommodait, pas toujours bien mais il fallait bien vivre pour pouvoir rêver !
Passé 80 ans François racontait à ses petits-enfants les voyages magnifiques qu’il a failli faire, leur conseillant d’y aller à sa place. Il commençait à regretter ses rêves non accomplis, son mariage « faute de mieux » et son métier détesté, il travaillait dans les pompes funèbres.
Quand il mourut un sourire éclairait son visage, sans doute un dernier rêve venait de l’effleurer.
Elena

lundi 15 octobre 2018

#lundi soleil
octobre : rose
rose : mes petites voisines, à la campagne, cueillent des fleurs et sont habillées en rose !
Elena 2018

vendredi 12 octobre 2018

ARDAY
En rencontrant Armande, je lui demande de me raconter ses souvenirs de jeunesse. On se connaît depuis un certain temps, depuis que nous avons construit dans la région. Jamais Armande n’a dépassé la petite ville, située à 20 km de son village et encore depuis peu, quand son mari eut une voiture. Il a fallu qu’il en achète une , les commerçants ne passent plus dans le village, juste le boulanger. Nous n’avions pas grand chose – dit Armande – mais nous étions heureux ! Vous comprenez- continue Armande- dans le temps il y avait l’amitié, nous nous retrouvions pour les veillées et là tout le monde s’amusait , plus comme maintenant où la télé a remplacé les veillées. Un regard triste me fixa puis elle continua – Oui, à l’époque, nous faisions tout en commun, on se retrouvait dans les champs tous ensemble, le midi nous mangions ensemble, ensuite nous faisions la sieste. Nous gardions les enfants des autres pas comme maintenant. Elle sourit et me dit – le mardi était mon jour préféré, nous allions au lavoir du bas et toutes les femmes étaient rassemblées pour la lessive. Le plus dur était la côte, chez nous c’est vallonné, puis les escaliers que vous voyez mais ensuite on passait la matinée à rire tout en lavant, il ne faut pas croire le travail ne manquait pas à l’époque et on ne s’ennuyait jamais. Il y avait Yvette qui ne pouvait presque plus marcher et ne faisait plus rien chez elle, sa belle fille avait pris le relais mais elle n’aurait pas manqué de venir au lavoir le mardi jusqu’à sa mort elle s’est traînée avec son linge, à la fin elle prenait peu de linge mais montait les marches avec l’aide de sa fille. Armande souriait à ses souvenirs, je la voyais heureuse.
A notre prochaine rencontre je demandai à Armande comment elle connut son mari. Elle rosit puis accepta d’en parler – Nous allions tous ensemble à l’école, plutôt par groupes d’âge et jean était dans mon groupe l’année du certificat, il faut dire que nous avions trente minutes aller et autant pour le retour. Puis plus tars il y a eu une fête au village et bien sûr tous les jeunes y étaient, à l’époque c’était notre façon de nous amuser. Nous avons dansé avec Jean, ensuite un an de fiançailles, puis le mariage. Je me souviens j’avais la robe de mariée de ma mère et c’est bien la seule fois où je me sentis si belle ! Armande rougit en me voyant, elle m’avait oublié un instant puis elle se reprit – A l’époque nous étions habillées toujours avec des blouses, il y avait toujours du travail et la robe on la mettait pour l’église : enterrement, mariage, fête… Ce n’était pas fréquent, alors quand nous étions en robe nous nous sentions belles même les plus moches.
En rentrant dans la maison Raymonde me dit – Vous voyez les murs, c’est moi qui avait tout peint, et parfois je passais aussi les autres murs à la chaux. La cheminée était toujours allumée et nous avions toujours de l’ eau chaude hiver comme été, le café coulait à flots, surtout pour les femmes, les hommes préféraient le vin. Cette chambre était celle de ma belle-mère, elle m’en a fait voir, à l’époque on ne disait rien il fallait subir fit Armande tristement puis en riant elle me montre le grenier – Là c’était la chambre du valet, il avait les pieds qui dépassaient du lit, et avait à peine la place pour mettre ses affaires mais c’était mieux que l’écurie. Certains dormaient à l’écurie avec les vaches. Un jour la mère Paulette est allée uriner dans l ‘écurie et elle se mit à crier, le valet dormait là-bas et bougea en la voyant entrer, c’est qu’à l’époque certaines faisaient leur besoin debout et on trouvait ça naturel, on ne faisait pas de chichis comme maintenant. Je me retenais pour ne rien montrer sur mon visage. Armande, vous ne préférez pas le progrès, vous avez plus de temps libre aujourd’hui ? Elle me regarde, réfléchit et répond – Non, aujourd’hui je me sens inutile, il n’y a plus la famille comme avant, c’est chacun pour soi . Avant je voyais une voisine et on pouvait parler dix minutes ensemble, aujourd’hui elles sont toutes pressées et ne savent plus
prendre le temps. C’est ce que je cherchais, on prenait le temps même si on avait beaucoup de travail, plus maintenant et la telé n’a rien arrangé.
Je ne suis pas malheureuse continua Armande mais ce n’est plus pareil, je penserai toujours à cette époque où mardi gras on se déguisait et on allait voir les voisins, faire peur aux petiots. Les bonbons qu’on recevait à Noël on les appréciait, aujourd’hui les enfants sont à peine contents de leurs cadeaux, il leur faut toujours plus. Je vois mes petits-enfants, ils sont trop gâtés et ne profitent pas de l’enfance, alors que nous , sans jouets nous savions jouer, avec un bout de tuile comme craie pour écrire, un chiffon pour faire une poupée, il ne fallait rien pour s ‘amuser. J’écoutai Armande parler et je pensai qu’après tout elle a sûrement été plus heureuse qu’elle ne l’est dans notre monde moderne. Je n’avais pas envie de vivre son époque, la mienne me convenait parfaitement, cela ne m’empêchait pas de la plaindre un peu et ma sympathie allait vers elle.
Elena

mercredi 10 octobre 2018

WEEK END à CAEN
Mon petit fils habite près de Caen avec sa femme et sa fille, il a une belle maison qu’il a bien arrangée. Ce week end je suis allée les voir pour la première fois. Nous sommes allés à la mer avant qu’il ne pleuve et nous avons vu des parapentes puis des cavaliers se promenant sur le sable, la mer remontait donc on la voyait. Les mouettes prennent un coquillage dans leur bec montent assez haut et lâchent le coquillage puis elles redescendent et mangent l’intérieur quand elles ont réussi à l’ouvrir ; c’était amusant à voir ! Nous sommes partis car il a commencé à pleuvoir mais quand nous sommes rentrés à la maison c’était un vrai déluge qui a duré tard dans la nuit. J’ai eu peur que ma voiture soit noyée et je n’avais pas envie de me retrouver coincée. Le lendemain il ne pleuvait plus et nous avons visité un marché aux livres, l’école de mon arrière petite-fille l’église et la poste puis nous sommes rentrés et mon petit-fils a fait un feu de bois très beau et surtout chaud, le retour s’est bien passé.
Parmi les photos il y a le ferry qui va en Grande Bretagne et se nomme « Le Normandie »
Elena 2018


lundi 8 octobre 2018

#lundi soleil
octobre : rose
rose : serviettes de mariage de ma petite-fille !
Elena 2018

vendredi 5 octobre 2018

ADULTERE

Elle marchait vivement dans la rue, il allait rentrer et elle aurait droit à une nouvelle crise de jalousie.
Elle ouvre la porte, Marc se déchaîne mais Elise coupe vite en disant calmement « Je viens de coucher avec un étranger, je l’ai rencontré au cinéma puis on est allé à l’hôtel, ça te va ? »
Trop frappé il la regarde fixement puis éclate de rire « Pas possible, ton histoire ne tient pas debout » 
  • Très bien répond-elle, alors j’ai vu un film « Soleil levant » cela te convient ?
  • Oui répondit- il, plus calmement.
Ment-elle ou pas, il ne le sait pas et il en est malade comme un fou mais il se ressaisit, pas de preuves, il doit se taire.
Ne dire que la vérité , il ne me croira pas ainsi il me laissera tranquille pensa Elise, à vrai dire elle n’a pas compris ce qui s’est passé, elle était au cinéma, seule et quand son voisin lui prit la main elle se sentit si troublée qu’elle se laissa faire, le baiser la fit frémir et elle atterrit dans un hôtel miteux. Une fois le désir passé, elle eut envie de vomir, elle se dégoutait, ne comprenant pas comment elle en était arrivée là mais ce n’était pas la première fois ; le médecin lui avait dit qu’elle n’était pas un cas unique et certaines femmes ont des pulsions très fortes qui les conduisent à des cas du même genre. Il avait cité le nom des pulsions mais elle avait oublié, trop abasourdie, je suis nymphomane.
Elise aimait son mari, elle connaissait sa jalousie, impossible de lui dire la vérité il partirait alors elle inventait et là la vérité fusa sans qu’elle put la retenir, il ne l’a pas cru, au moins elle ne mentait plus et à l’avenir elle lui dirait la vérité, tant pis si un jour il découvre tout.
Durant un mois Elise resta à la maison, elle allait juste faire les courses, son mari lui reparla du bébé mais elle le remit à plus tard, elle sentait bien qu’un bébé ne pourrait pas s’épanouir avec sa façon de vivre.
Lundi, Elise se fait belle en chantant « je vais voir mon amie d’enfance » elle savait qu’elle se mentait, elle ne savait pas où elle irait, juste comment ça finirait.
Elise prit le métro jusqu’à Bastille puis sortit prendre un pot, les regards fusèrent vers elle, cet instant était celui qu’elle préférait, elle choisit l’homme à la chevelure noir corbeau et lui sourit, le reste se déroula comme prévu. Ils burent un verre puis montèrent à l’hôtel à dix minutes d’ici. Ils faisaient l’amour sauvagement, la tendresse n’avait rien à voir avec ces relations. Brusquement on frappa et Marc entre sans rien dire, son regard en disait plus que toutes les paroles, il ressortit tout blanc sans un mot.
Elise partit à son tour, elle marcha longuement puis elle décida de rentrer mais la porte était fermée à clef et sous le paillasson elle trouva un mot « Pars, laisse ton adresse, tu recevras ta part plus tard, je demande le divorce ».
C’est aussi bien pense Elise en se demandant où dormir ?
Des années plus tard, Marc rentre du travail, il avait déménagé et vivait célibataire depuis 2 ans, son regard s’arrête sur une prostituée  « Pas possible, elle ressemble à Elise » il s’approche intrigué, elle se retourna mais son regard était vide, les yeux d’une femme droguée dont rien ne touche plus. Marc s’éloigne, c’était bien elle, il a mal il aurait tant aimé tout arranger, puis il sourit Michèle l’attend, elle a sûrement préparé un bon repas pour lui, elle est si dévouée, il pourrait peut être lui proposer le mariage – Allègrement il repart en direction de son appartement où Michèle l’attend amoureusement.
Elena


mercredi 3 octobre 2018

CHANSON ANCIENNE
Me promenant dans le sentier je me suis souvenue de cette chanson ; nous la chantions jadis ensemble dans le jardin de notre grand-mère.
Chacun de nous inventait un couplet et tous ensemble nous trouvions le refrain, nous étions des enfants et tout nous semblait beau.
Un jour à un mariage nous nous sommes retrouvés et l’un de nous fredonna cette chanson, aussitôt les autres reprirent le refrain. Et, un fou rire jaillit, moment de complicité, retour à notre enfance.
Cette chanson trotte dans ma tête en repensant à nous, enfants. Aujourd’hui on ne se voit plus, ou si rarement que s’en est triste, mais le souvenir reste bien vivant et la chanson vit dans notre mémoire !
Elena

lundi 1 octobre 2018

#lundi soleil
octobre : rose
rose : dans le jardin de mon fils !
Elena 2018

vendredi 28 septembre 2018

GENDARMES de SARDAIGNE

Nous étions deux couples en Sardaigne, en camping-car. Nous traversions une petite ville, il y avait la fête et les rues étaient étroites, c’était difficile de passer, les gens s’arrêtaient pour parler entre eux. Une dame tout en noir assez âgée discutait en stationnant en double file, mon mari klaxonna, elle opina de la tête et au lieu de reculer nous rentra dedans en voulant manœuvrer. Notre camping-car fut à peine touché mais sa voiture fut abîmée, il n’y avait que des italiens, certains nous disputaient en montrant la voiture de la pauvre vieille dame. Nos amis trouvèrent des gendarmes, un parlait un peu français et l’autre un peu anglais, avec ça nous devions nous débrouiller pour le constat. Pendant qu’on s’occupait du constat, nos amis de voyage se mirent à mitrailler de photos la voiture de la dame et la rayure de notre camping-car puis ils photographièrent les gendarmes sous toutes les coutures y compris leur voiture. Je ne savais pas où me mettre, les gendarmes les ont vu mais n’ont rien dit, ils étaient d’une politesse et d’une patience d’ange. Tout le monde râlait, les gens voulaient nous mettre tout sur le dos, ils examinaient les faits en gardant leur sang froid. Ils m’ont impressionnée dans le bon sens. Nous avons dormi une journée dans un camping à côté pour réparer un phare, le surlendemain nous devions partir, je devais acheter quelques courses, les autres m’attendaient sur un parking en hauteur. J’avais retenu que nous étions garés en hauteur et qu’il y avait des arbres pour grimper sur le chemin qui menait au parking.
Je fis mes courses, j’achetai aussi quelques souvenirs en m’éloignant, quand je voulus revenir je m’aperçus que tous les chemins qui montaient étaient garnis d’arbres et se ressemblaient, je les grimpai un par un puis redescendais sans trouver le parking. J’appelai une femme en lui demandant la gendarmerie car j’étais perdue, à ce moment les policiers de la veille passaient, ils s’arrêtèrent, j’expliquai mon cas désespéré, j’avais presque les larmes aux yeux. Ils me dirent d’attendre, j’entendais les gens autour de moi raconter ma triste histoire et je n’étais pas loin d’éclater en sanglots. Je vis le camping-car de mon mari qui suivait les gendarmes dans une rue interdite, inutile de dire que je n’attendis pas et montai vite fait. Les gendarmes sont arrivés au moment où il voulait repartir au camping et lui demandèrent s’il avait perdu sa femme, il fit «oui » Tout finit bien et je garde un bon souvenir des gendarmes en Sardaigne.
Elena

mercredi 26 septembre 2018

AUTOMNE

Orange, rouge ou jaune
Tombent les feuilles d’automne,
Dansent au gré du vent
Volent, au firmament
Chutent sur le sol gisant.
Orange, rouge ou jaune
Couleurs de l’automne,
tentent les poètes,
Les peintres, les bohèmes,
Couleurs chaudes
Ravivent nos artistes.
Couleurs de l’automne,
Soyez les bienvenues,
J’oublie ma tristesse
Voyant les feuilles voler.
Elena





lundi 24 septembre 2018

#lundi soleil
septembre chat
chat : Janna dans l'évier !
Elena 2018

vendredi 21 septembre 2018

PETIT RAT DE L’OPERA


Après la visite médicale Lisa fut appelée chez la directrice, habituellement seules les élèves indisciplinées étaient invitées chez elle cet appel la laissa perplexe.
Lisa était le meilleur petit rat de l’opéra, on lui prédisait un avenir d’étoile et sa vie tournait uniquement autour de l’opéra. Elle tiendrait le premier rôle pour le prochain ballet, sa plus grande fierté, c’était la seconde fois qu’elle était la vedette.
Arrivée au bureau de la directrice le cœur de Lise se mit à battre la chamade sans raison, elle n’avait rien à se reprocher.
  • Avancez mon petit et asseyez-vous là, dit la directrice en continuant :
  • Lisa, vous savez que je vous estime beaucoup mais je ne peux plus vous garder
Lisa ouvrit des grands yeux étonnés, sentant qu’elle avait été un peu brusque la directrice rougit puis continua :
  • Je n’ai rien à vous reprocher mon petit, uniquement votre taille…
  • Je ne comprends pas Madame répondit Lisa mal à l’aise.
  • Vous ne grandirez plus répondit doucement la directrice, le médecin me l’a confirmé, je suis désolée ! Vous pouvez sortir, j’écrirai à votre mère finit la directrice mal à l’aise.
Sans rien dire Lisa sortit, en une minute tout son avenir s’écroulait pour quelques centimètres. Jamais elle ne pourrait comprendre une telle injustice, « c’est trop dur » pensa Lisa en entrant dans sa chambre. Elle rangea ses quelques affaires dans sa valise et sortit, sa mère habitait tout près, elle pourrait revenir chercher le reste plus tard, plus jamais elle ne remettrait les pieds à l’opéra.
Lisa se précipita chez elle, qu’elle ne fut sa surprise d’y trouver un homme vêtu d’une robe de chambre ; elle ne le connaissait pas. Sa mère arriva un peu gênée :
  • Que fais-tu là Lisa ?
  • Je suis trop petite, je ne serai jamais étoile de l’opéra, je ne veux pas rester et voir les autres triompher.
Sa mère ne répondit pas, l’homme sortit discrètement, Lisa pleurait silencieusement puis elle entendit sa mère lui dire la voix tremblante :
  • tu ne peux pas rester ici 
  • Pourquoi ?
  • Jamais René ne l’accepterait, il paye le loyer, tu comprends insista sa mère, il faut trouver une autre pension.
Lisa ne répondit pas, elle comprit qu’on pouvait tout perdre en un seul jour, elle courut s’enfermer dans sa chambre. Peu importe telle ou telle pension, rien ne pouvait l’affecter plus que sa taille et son départ de l’opéra. Elle cacha sa tête sous l’oreiller en pleurant doucement, son père lui avait dit un jour «  on peut tout perdre sans le mériter », le sommeil l’emporta vers le lac des cygnes.
Elena




mercredi 19 septembre 2018

LE 14 JUILLET
A Paris tous les ans
On dansait le quatorze juillet.
Chaque quartier
Avait sa célébrité.
André Verchuren
Rassemblait bien du monde.
Yvette Horner
Avait autant de succès,
Et, n’oublions pas Fontaine.
Les bals étaient gratuits,
On y dansait toute la nuit.
Cette époque est révolue,
Mais les moins jeunes s’en souviennent !
Elena


lundi 17 septembre 2018

#lundi soleil
septembre chat
chat : Janna garde l'ordinateur de mon fils (son maître)
Elena 2018

vendredi 14 septembre 2018

PERE ALEXIS
Quand je fis sa connaissance il était un Prêtre honorable et avait l’air d’un ange, et pourtant…
Dans sa jeunesse Alexis vécut avec une femme, la laissant croire qu’il allait l’épouser et la pauvre Véra lui faisait une confiance totale. Ils sortaient souvent à trois, une amie de Véra qui s’appelait Macha, tous trois vivaient une vie heureuse plus ou moins aux crochets de Véra qui peignait et commençait à gagner sa vie avec ses portraits. Cela dura un certain temps , quand un jour Véra rentra chez elle, trouvant une enveloppe, elle l’ouvrit et lut - Excuse moi Véra, je suis un monstre, je comprendrai que tu ne me le pardonnes pas, je pars avec Macha. Je t’ai emprunté de l’argent et pris tes bijoux, je te les rendrai dès que j’aurai trouvé un emploi.
Véra s’effondra un moment puis sa vie reprit son cours, elle tomba amoureuse d’un autre. Dans cette histoire elle perdit tout ses biens et ce fut très dur pour elle sur le plan matériel.

Un jour Véra reçut une lettre d’Alexis, elle en rit et la fit lire à son mari, à qui elle avait raconté son histoire.
Alexis avait épousé Macha, ils étaient partis en Nouvelle Zélande et il se fit ordonner prêtre orthodoxe, il avait un fils. Bien sûr il s’excusait pour son vol et disait qu’en tant que prêtre il gagnait peu d’argent mais dès qu’il pourrait il la rembourserait. Durant plusieurs années Véra recevait régulièrement une lettre, elle avait appris qu’il avait eu un autre enfant puis un troisième, la caisse était toujours vide et il ne pouvait pas la rembourser puis il continua à écrire sans parler d’argent, l’affaire était close pour lui.
Il était très doué en physique et écrivit un livre qui reçut un prix, cela lui prenait beaucoup de temps, en plus, il voyageait pour parler de son livre, ainsi il retrouva Véra un jour en France.
Père Alexis promis à Véra de lui acheter des icônes pour son église ou d’autres, ainsi il l’aiderait financièrement, elle avait des difficultés d’argent assez importantes.
Au retour en Nouvelle Zélande, il tint parole et Véra lui envoyait des icônes , en retour il lui envoyait de l’argent.


Véra correspondait avec le père Alexis depuis 40 ans, lui envoyait régulièrement des icônes, il renvoyait de l’argent, elle était contente, bien qu’elle trouvait que la somme était modique par rapport aux églises de Paris, ils sont plus pauvres là-bas pensait-elle, et le sujet restait clos.
Un jour le père Alexis devait venir en France avec sa femme, ils avaient envie de revoir l’Europe. J’étais de passage chez Véra, il devait venir sans sa femme.
Quand je le vis je fus sous le charme, un vieil homme angélique, au regard franc, pénétrant, je lui aurai donné le Bon Dieu sans confession. Je me souviens, il parlait de la Nouvelle Zélande à mes enfants avec beaucoup d’intérêt et pédagogie, il nous a enchanté.
Quelques temps plus tard Véra fut gravement malade, père Alexis lui écrivit une lettre qu’elle me fit lire
Chère Véra,
Tu ne me changeras pas, j’ai toujours été malhonnête, je t’ai encore volé avec les icônes, elles valaient plus que le prix que je t’envoyais, comprend-moi, j’avais tellement envie de revenir en France, revoir les pays d’Europe avec Macha, les endroits où nous avions été si heureux tous les trois que j’ai puisé dans les réserves de l’église et grâce à tes icônes je peux rembourser petit à petit. Je ne peux pas me permettre d’être renvoyé en tant que prêtre, à mon âge je ne trouverai rien, puis il y a mes enfants qui ont confiance en moi. J’espère que tu ne m’en voudras pas, merci pour tout,
Ton Alexis avec toute mon affection.
Véra mourut peu de temps après, père Alexis n’avait pas changé d’après la lettre, j’ai un livre de la Nouvelle Zélande qu’il avait offert à mes enfants, seul signe restant d’un voleur angélique.
Elena

mercredi 12 septembre 2018

LES CERISES

J’étais enceinte de 7 mois et demi, je remontais une route pour rentrer chez les grands-parents de mon mari, j’étais en vacances chez eux. Je vois un champ, pas de barbelés et des cerises toutes mûres !
Je ne suis pas une voleuse mais marauder pour moi n’était pas du vol si on en prenait que quelques unes. Je monte dans le champ et je mange quelques cerises sur un arbre, c’est là que j’entends un fermier me crier dessus ; apeurée je me met à courir vers la route pour rentrer en priant tous les Dieux qu’il ne dise rien aux grands-parents.
Il courait avec sa fourche, je m’étais retournée et il a vu mon ventre alors il a haussé les épaules et s’en est retourné de l’autre côté.
Je me sentais plus à l’aise et je me reposai un peu avant de continuer mon chemin. J’arrivai chez les grands-parents, j’ai préféré avouer que j’ai mangé une poignée de cerises plutôt que s’ils l’apprenaient du fermier.
J’ai toujours trouvé que les fruits cueillis sur un arbre, même le mien sont meilleurs que servis sur un plateau. Les grands-parents n’avaient pas de cerises à ce moment.
J’ai dû promettre de ne plus chaparder un seul fruit, j’ai tenu ma promesse mais ce fut dur !
Elena

lundi 10 septembre 2018

#lundi soleil
septembre : chat
chat : Zébulon devenu adulte
Elena 2018

vendredi 7 septembre 2018

DECEMBRISTES
En 1825 il y avait « L’union du Nord «  tenu par le prince Troubetzkoï et « La société du midi » Les décembristes voulaient abolir la servitude, il y avait encore des serfs dans toutes les grandes familles et créer une république (la plupart revenait de France après la bataille avec Napoléon) ou la monarchie constitutionnelle.
Troubetzkoï avait écrit le manifeste pour le peuple russe qu’il devait remettre au sénat le 14 décembre lors de l’investiture du tsar Nicolas, son frère Constantin ne voulant pas régner. Ils firent croire au peuple que Nicolas voulait la place de Constantin et en criant « Vive la constitution » le peuple croyait crier vive la femme de Constantin.
Il y avait environ 3000 insurgés le 14 décembre, ils se trouvaient dans un coin de la place, Troubetzkoï n’a pas donné le manifeste au sénat et s’est absenté et Volkonski prit sa place de mauvaise grâce. Les gardes fusillèrent des manifestants, et firent des prisonniers. Il y a eu 5 pendus en 2 fois car la corde avait cassé. D’autres firent la prison un certain temps, et 121 déportés en Sibérie avec assignation à vie.
11 femmes partirent rejoindre leurs époux en abandonnant leurs enfants n’ayant pas le droit de les prendre avec elles. La première fut Mme Troubetzkoï et la seconde Mme Volkonski, certaines étaient d’origine française comme Mme Troubetzkoï et Annenkov.
Elles construisirent des maisons près de la prison, elles eurent aussi des enfants et petit à petit la vie des décembristes s’assouplit en devenant une vie de famille, conférences, concert etc… Les prisonniers apprirent aux bouriates à lire et à écrire et on trouve deux superbes maisons à Irkoutsk des Troubetzko¨et Volkonski.
En 1856 il y a l’amnistie pour les décembristes avec le nouveau tsar Alexandre II mais il ne restait plus que 19 hommes vivants qui rentrèrent.
Elena

mercredi 5 septembre 2018

CHANT NOCTURNE
Nous marchions sur une route étroite, après avoir raté le car, c’était la pleine lune.
Soudain tu chantas et je restais stupéfaite par ta voix ensorcelante. Nous étions amis depuis notre enfance mais à ce moment j’ ai cru entendre un étranger. Je te suivais traînant un peu, la route me semblait longue. Sans même me voir tu continuais ton répertoire. J’ai reconnu les plus grands chanteurs russes de l’époque ainsi que des chants tziganes. Je continuai le chemin obnubilée par ta voix.
En haut de la côte tu me dis :
  • Nous sommes arrivés, en face tu vois l’hôtel, toi au 1er et moi au 5e ! Tu ris et je me sentis soulagée.
  • Merci, la route fut moins dure !
  • Sais-tu que nous avons marché sept kms pour rentrer !
J’ai compris pourquoi tu avais chanté, tu m’as aidé à faire ce long parcours sachant qu’il n’y avait plus aucun transport après notre soirée à l’opéra !
Elena

lundi 3 septembre 2018

#lundi soleil
septembre : chat
chat : Zébulon petit, chat de ma fille
Elena 2018

vendredi 31 août 2018

GENTIL


On l’avait surnommé « Gentil », depuis plus personne ne savait son nom, toujours présent à l’appel, rendant service, aimable, un mot gentil… Certaines mauvaises langues diraient qu’il était un peu cruche ou n’avait pas inventé la lumière, et alors ? Chacun profitait de sa gentillesse, d’autant plus généreuse qu’il ne demandait rien.
Gentil ne devait rien à personne hormis sa famille, il n’était pas beau, ne savait pas s’imposer ni exprimer ses idées, il ne lui restait plus qu’à être gentil ou rester seul, il avait fait le choix.
Personne n’était au courant du journal secret, Gentil y mettait toutes les appréciations sur son entourage, les pensées que lui inspiraient ses connaissances, les commentaires sur les livres qu’il lisait, et oui, il lisait beaucoup mais personne ne l’avait remarqué.
Il était invisible, on le remarquait lorsqu’on avait besoin de lui. Il s ‘en était fait une raison, pour pallier il décrivait la vie des autres, faisait des commentaires, réglait les problèmes que les autres ne savaient pas régler ; on pouvait être gentil et intelligent et ça personne ne s’en était aperçu, pas même ses parents.
Les années passèrent, certains se marièrent mais pour Gentil rien n’avait changé, à part son journal qui s’étoffait de plus en plus.
Employé de banque Gentil travaillait, avait réussi à avoir son propre studio, il était presque heureux !
Un jour sa mère accourut « Gentil, presse-toi la Louison veut se tuer «  Sans écouter d’avantage Gentil courut chez la Louison, il savait que son père frappait lorsqu’il avait trop bu et Louison n’en pouvait plus. Il arriva à temps, Elle avait jeté l’arme et pleurait
La tête dans ses mains dans la cuisine. Gentil monta, le père n’était pas là, étonné il demanda à Louison ce qui s’est passé ? « Père est en colère car je veux quitter le pays, vivre seule répondit-elle en soupirant.
Gentil sentit son cœur battre, il se rendit compte qu’elle comptait pour lui, son départ serait trop dur.
  • Prend un studio et j’essaie de te trouver une place à la banque … Commença-t-il – Non, je ne peux pas je n’ai pas mon brevet dit-elle en le regardant comme si elle parlait à un demeuré. Il aurait dû s’en souvenir, il avait oublié qu’elle avait raté son brevet.
Il sentit un regard méprisant et ce fut plus fort que lui, il partit en courant, il ne savait pas si son impression fut juste ou pas, il savait juste qu’il l’aimait mais que jamais il ne le lui dirait et ce secret elle ne devait pas le voir.
Après avoir longuement réfléchi Gentil pris la sage décision d’éviter Louison, puis par la même occasion les camarades ayant besoin de lui, il se refermait sur lui-même, sa famille le voyait à peine.
Il écrivait en dehors de son travail, n’ouvrait plus la porte et évitait les contacts non professionnels.
Au bout de cinq mois il finit d’écrire un livre sur son entourage, la vie et ses souvenirs. Avec la hardiesse du timide il l’envoya à un éditeur puis se sentit soulagé. Il pouvait redevenir Gentil et tout le monde fut content de le retrouver.
Puis un jour Il attrapa une mauvaise grippe et dans son délire parla du livre, sa mère fouilla toute la chambre sans rien trouver. Une semaine plus tard il mourut à l’hôpital, à un quart d’heure près on aurait pu le sauver mais son cousin s’était arrêté pour parler avec son amie et Gentil n’a pas survécu.
Le village se sentit triste, le lendemain le facteur amena un paquet à sa mère expédié par l’éditeur, elle l’ouvrit et resta bouche bée, son fils sera édité, le manuscrit corrigé était renvoyé, elle profita pour le lire et n’en crut pas ses yeux, « comment accepter alors qu’il avait tout raconté, y compris les histoires des cocus, des tromperies un mélange de Clochemerle avec les vrais noms ? » Elle cacha le manuscrit, écrivit que son fils avait renoncé avant de mourir. Son cœur se brisait à la pensée des sentiments multiples pour son fils, elle n’avait pas compris. Sa pauvre vie et cette incompréhension entre humains, jamais elle n’avait autant souffert, autant réfléchi, sa vie ne comptait plus, elle devait réhabiliter son fils.
Le reste de sa vie la mère passa son temps a montrer les écrits de son fils après avoir changé les noms, les gens riaient, pleuraient et ne se reconnaissaient pas «  Brave gentil disaient-ils » et la mère souriait heureuse de penser à lui, si près d’elle grâce à ses écrits.

Elena