lundi 29 avril 2019

#lundi soleil
avril : jaune
jaune : la mer au ciel jaune
Elena 2019

vendredi 26 avril 2019

ARDAY
En rencontrant Armande, je lui demande de me raconter ses souvenirs de jeunesse. On se connaît depuis un certain temps, depuis que nous avons construit dans la région.
Jamais Armande n’a dépassé la petite ville, située à 20 km de son village et encore depuis peu, quand son mari eut une voiture. Il a fallu qu’il en achète une, les commerçants ne passent plus dans le village, juste le boulanger.
Nous n’avions pas grand chose – dit Armande – mais nous étions heureux ! Vous comprenez- continue Armande- dans le temps il y avait l’amitié, nous nous retrouvions pour les veillées et là tout le monde s’amusait, plus comme maintenant où la télé a remplacé les veillées. Un regard triste me fixa puis elle continua – Oui, à l’époque, nous faisions tout en commun, on se retrouvait dans les champs tous ensemble, le midi nous mangions ensemble, ensuite nous faisions la sieste. Nous gardions les enfants des autres pas comme maintenant. Elle sourit et me dit – le mardi était mon jour préféré, nous allions au lavoir du bas et toutes les femmes étaient rassemblées pour la lessive. Le plus dur était la côte, chez nous c’est vallonné, puis les escaliers que vous voyez mais ensuite on passait la matinée à rire tout en lavant, il ne faut pas croire le travail ne manquait pas à l’époque et on ne s’ennuyait jamais. Il y avait Yvette qui ne pouvait presque plus marcher et ne faisait plus rien chez elle, sa belle fille avait pris le relais mais elle n’aurait pas manqué de venir au lavoir le mardi jusqu’à sa mort elle s’est traînée avec son linge, à la fin elle prenait peu de linge mais montait les marches avec l’aide de sa fille.
Armande souriait à ses souvenirs, je la voyais heureuse.

A notre prochaine rencontre je demandai à Armande comment elle connut son mari. Elle rosit puis accepta d’en parler – Nous allions tous ensemble à l’école, plutôt par groupes d’âge et jean était dans mon groupe l’année du certificat, il faut dire que nous avions trente minutes aller et autant pour le retour. Puis plus tard il y a eu une fête au village et bien sûr tous les jeunes y étaient, à l’époque c’était notre façon de nous amuser.
Nous avons dansé avec Jean, ensuite un an de fiançailles, puis le mariage. Je me souviens j’avais la robe de mariée de ma mère et c’est bien la seule fois où je me sentis si belle ! Armande rougit en me voyant, elle m’avait oublié un instant puis elle se reprit – A l’époque nous étions habillées toujours avec des blouses, il y avait toujours du travail et la robe on la mettait pour l’église : enterrement, mariage, fête… Ce n’était pas fréquent, alors quand nous étions en robe nous nous sentions belles même les plus moches.

En rentrant dans la maison Armande me dit – Vous voyez les murs, c’est moi qui avait tout peint, et parfois je passais aussi les autres murs à la chaux. La cheminée était toujours allumée et nous avions toujours de l’ eau chaude hiver comme été, le café coulait à flots, surtout pour les femmes, les hommes préféraient le vin.
Cette chambre était celle de ma belle-mère, elle m’en a fait voir, à l’époque on ne disait rien il fallait subir fit Armande tristement puis en riant elle me montre le grenier – Là c’était la chambre du valet, il avait les pieds qui dépassaient du lit, et avait à peine la place pour mettre ses affaires mais c’était mieux que l’écurie. Certains dormaient à l’écurie avec les vaches. Un jour la mère Paulette est allée uriner dans l ‘écurie et elle se mit à crier, le valet dormait là-bas et bougea en la voyant entrer, c’est qu’à l’époque certaines faisaient leur besoin debout et on trouvait ça naturel, on ne faisait pas de chichis comme maintenant. Je me retenais pour ne rien montrer sur mon visage.
Armande, vous ne préférez pas le progrès, vous avez plus de temps libre aujourd’hui ?
Elle me regarde, réfléchit et répond – Non, aujourd’hui je me sens inutile, il n’y a plus la famille comme avant, c’est chacun pour soi . Avant je voyais une voisine et on pouvait parler dix minutes ensemble, aujourd’hui elles sont toutes pressées et ne savent plus prendre le temps. C’est ce que je cherchais, on prenait le temps même si on avait beaucoup de travail, plus maintenant et la telé n’a rien arrangé.
Je ne suis pas malheureuse continua Armande mais ce n’est plus pareil, je penserai toujours à cette époque où mardi gras on se déguisait et on allait voir les voisins, faire peur aux petiots. Les bonbons qu’on recevait à Noël on les appréciait, aujourd’hui les enfants sont à peine contents de leurs cadeaux, il leur faut toujours plus.
Je vois mes petits-enfants, ils sont trop gâtés et ne profitent pas de l’enfance, alors que nous, sans jouets nous savions jouer, avec un bout de tuile comme craie pour écrire, un chiffon pour faire une poupée, il ne fallait rien pour s ‘amuser.
J’écoutai Armande parler et je pensai qu’après tout elle a sûrement été plus heureuse qu’elle ne l’est dans notre monde moderne. Je n’avais pas envie de vivre son époque, la mienne me convenait parfaitement, cela ne m’empêchait pas de la plaindre un peu et ma sympathie allait vers elle.

Elena

mercredi 24 avril 2019

LE FOU RIRE

Ils se sont regardés machinalement, lui lisait un journal et elle un roman qui devait la passionner. Tous deux étaient assis sur le même banc au parc Monceau car il y avait trop de monde pour avoir un banc pour soi seul. Au deuxième regard il se passa quelque chose comme une alchimie entre eux alors il parla en premier :
  • Vous habitez dans le quartier ?
  • On peut dire ça comme ça !
  • C’est-à-dire insista-t-il ?
Elle le regarda fixement hésitant sur sa réponse ; il n’est pas mal pensa-t-elle, elle lui répondit :
  • Je garde une vieille dame et entre temps je vais à l’université.
  • Vous arrivez à faire les deux, c’est super ! Mais qu’elle matière vous étudiez à l’université ?
  • L’informatique, et vous que faites-vous ?
  • Je suis psychologue… Excusez-moi pour ces questions ce n’est pas dans mes habitudes de questionner des gens dans un parc, il rougit légèrement et ça l’attendrit’
  • Ne vous excusez pas, en informatique je suis aussi obligée de poser des tas de questions..
  • Mais elles ne sont pas personnelles et il rit, puis il lui tendit la main :
  • Je m’appelle Jean et vous ?
  • Lucie, et elle lui tendit la main à son tour. Ils se regardèrent et se mirent à rire.
Jean se reprit le premier, un enfant venait de renverser du sable sur ses pieds, il essuya ses chaussures avec un mouchoir en papier et remarqua que Lucie riait de plus belle. Alors, un fou rire les prit tous les deux et ils ne pouvaient plus s’arrêter. Une maman leur demanda de se calmer car son bébé dormait dans la poussette et ça les fit rire encore plus. Enfin Lucie se calma et dit :
  • Il faut que je rentre je dois garder la vieille dame
  • Et qui la gardait en ce moment ?
  • Elle peut rester seule mais il faut que je rentre avant 18 heures je lui ai promis.
  • Vous allez de quel côté demanda Jean ?
  • Rue de Courcelles,
  • Et moi rue de Monceau, c’est si près qu’on pourra se revoir souvent ?
  • Je dois déjà étudier, je n’ai que le samedi après-midi de libre comme aujourd’hui,
  • Très bien on se retrouve samedi prochain ?
  • Très bien au même endroit. Ils se tenaient si maladroits que le fou rire les reprit et quand ils se calmèrent Jean proposa de raccompagner Lucie et elle accepta. Ils partirent en riant et la route leur semble encore plus courte. Puis ils décidèrent de se revoir dans quelques jours un peu moins longtemps que prévu et ce fut encore une explosion de rire, c’est ainsi qu’ils se quittèrent !
Elena 2019

lundi 22 avril 2019

#lundi soleil
avril : jaune
jaune : poissons jaunes à l'aquarium de Mandalay (Birmanie)
Elena 2019

vendredi 19 avril 2019

A ODESSA (1980)
Il y avait un groupe de Français qui vivait à Odessa, ils travaillaient sur le chantier naval. Certains y vivaient depuis 2 ou 3 années. Parmi eux il y avait l’ingénieur, j’appris qu’il avait divorcé et s’était remarié avec une jeunette de vingt ans laissant 3 enfants et sa femme. Les techniciens trouvaient cet acte stupide, ils étaient sûrs que la jeune soviétique ne l’avait épousé que pour partir en France dans six mois. Après elle trouvera facilement un homme plus jeune, l’ingénieur avait près de 55 ans.
Le groupe me fit connaître des endroits que les Odessites ne m’auraient pas montrés. Les quartiers où se trouvent des prostituées, elles étaient si discrètes que je n’aurai jamais deviné.
Une église catholique, assez rare à l’époque et des magasins où je pouvais trouver de tout à pas cher !
Certains vivaient là-bas depuis 5 ans, dont l’ingénieur. Ils rentraient en France tous les ans environ, certains craignaient pour leur mariage et l’idée de rentrer dans six mois définitivement les égayait.
Je les retrouvais soit le midi au restaurant de l’hôtel soit le soir quand j’étais libre et mes amis ne pouvaient pas venir me chercher. Cela me permit de moins m’ennuyer et aussi de visiter un navire !
L'opéra était la réplique en miniature de la Scala, L'intérieur était magnifique et j'avais été invitée par la Directrice, On jouait Boris Godounov et au début je fus éblouie par la beauté des costumes mais les voix n'étaient pas assez puissantes, manquaient de maturité, à l'entracte je m'éclipsai aimant les bons opéras.
C'est à Odessa que je connus les maisons communales, la pauvre avec une pièce et une cuisine pour 5 ou 6 personnes mais aussi un appartement communal luxueux aussi avec cuisine à l'extérieur mais que pour 3 maximum. Le professeur de littérature qui y habitait m'offrit sans vergogne un livre de la bibliothèque de l'école, j'acceptai.
Elena 2019


mercredi 17 avril 2019

ROUGE OU BLANC


Bouquet rouge ou bouquet blanc
Je ne sais lequel choisir ?
L’un, me parle de mariage,
De raison et d’amour sage.
L’autre, me parle de passion,
D’évasion et de voyages.
Bouquet rouge ou bouquet blanc
Il me faut pourtant choisir,
Amour sage ou illusions ?
Je vous laisse tous deux en gage,
Je pars seule, et sans bagages.
Elena

lundi 15 avril 2019

#lundi soleil
avril : jaune
jaune : Bouddha allongé (Birmanie)
Elena 2019

vendredi 12 avril 2019


KANDINSKY (1866- 1944)
Il est n é à Odessa, au bord de la mer noire, et y vécut jusqu’au moment de partir à Moscou pour faire des études de droit.
Il dessinait et peignait par plaisir mais à 30 ans il s’inscrivit aux Beaux Arts de Munich, en sortant il devint peintre. Il fut inspiré par Odessa et Munich où il vécut. Il retourna en Russie mais le nouveau régime ne lui convenait pas et il s’expatria en France où il y vécut jusqu’à sa fin.
Il passa de l’expressionnisme à l’art abstrait où il y mit tout son cœur et son talent.
Quelques peintures les plus typiques de Kandinsky.
Elena






mercredi 10 avril 2019

LE VIEUX COUPLE
Ils étaient assis sur un banc la main dans la main, ils se souriaient en regardant, de temps en temps il lui chuchotait dans l’oreille et elle riait sous cape. Le bateau tanguait mais le vieux couple n’en avait cure, ils se remémoraient leur voyage pour l’Europe, la peur d’ être expulsé… Que c’était loin tout ça, aujourd’hui ils vivaient heureux dans un petit appartement, leur fille venait les voir régulièrement et ils venaient d’avoir un petit-fils. Ils savaient qu’ils connaissaient le bonheur et plus rien ne pourrait le leur reprendre, ils l’avaient gagné à la sueur de leur front ! Plus personne ne pourra leur faire peur ni les retenir dans un pays malgré eux. Les vagues déferlaient, le vieux couple admirait la mer en souriant paisiblement !
Elena

lundi 8 avril 2019

#lundi soleil
avril : jaune
jaune : Nathalie et les chaussons jaunes !
Elena 2019

vendredi 5 avril 2019

WALTER SCOTT (1771 – 1832)
Poète et écrivain écossais Walter Scott a marqué son temps. Je connais peu ses poésies mais j’ai lu plusieurs de ses livres surtout historiques comme « Ivanhoé », « La dame blanche » qui serait plus une légende. Je me souviens avoir lu « Le pirate » et certains contes de mon hôte mais je ne sais plus lesquels, car à l’époque c’est mon père qui me le lisait le soir.
Nous avons commencé à lire « La prison d’Edimbourg » cela me passionnait (je devais avoir dix ans) mais au milieu du livre mon père m’a dit :
  • Je n’en peux plus, tout est embrouillé, je te laisse le finir seule car moi j’en ai assez lu.
  • Je le finirai papa.
Et, je l’ai fini et ça me plaisait toujours malgré les passages tortueux, les personnages glauques mais l’intrigue à l’époque m’avait plu.
Il a étudié le droit et remis le kilt en pratique car il avait été interdit de le porter.
je plains l’ être qui en lui seul s’ absorbe ;
la vie ne peut point en faire une gloire ;
par une double mort il quittera le globe ;
retrouvant le néant dépourvu d’ espoir ,
sans une larme , sans honneur et sans joie..
Publié dans poemes par darkangelusmag

Je voulais lui rendre hommage car c’est le plus grand écrivain écossais.
Elena

mercredi 3 avril 2019

LES LETTRES
Comme cela me manque de ne plus recevoir de lettres de mes proches, malgré la distance on peut se téléphoner, alors à quoi bon s’écrire !
Je garde un souvenir heureux du temps où je recevais des lettres, je gardais les timbres pour ma fille, j’éprouvai un délice à les lire, relire parfois.
Aujourd’hui, je ne reçois que des factures ou de la publicité, parfois se glisse une lettre d’invitation, cela me rappelle l’époque d’autrefois, pas si lointaine pourtant !
Les futures générations ne liront plus de lettres d’amour de leurs conjoints, ils auront la vidéo : c’est différent.
Elena

lundi 1 avril 2019

#lundi soleil
avril : jaune
jaune : gilets jaunes à Caen !
Elena 2019