#lundi soleil
Décembre 2025 : doré
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#doré : Noël
Je mets en pause jusqu'à lundi prochain !
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#doré : Noël
LA PRINCESSE DE KAPURTHALA
Anita Delgado , danseuse andalouse a 17 ans quand le maharajah de
Kapurthala la remarque et décide de l’épouser. En 1908 ils se marient et
partent pour l’Inde, elle est sa 5e épouse.
Elle vit avec son mari dans le palais, voyage avec lui et le
couple est très amoureux. Anita lui
donne un fils et c’est la consécration. Puis avec le temps le maharajah se
lasse un peu d’elle et voit d’autres femmes, il la trompe aussi avec des femmes
européennes lors de leurs séjours à l’étranger et Anita l’accepte mal. La
solitude s’installe dans son cœur et elle tombe amoureuse de Kara, fils du
maharajah, ils deviennent amants en
France mais rentrés en Inde le fils a honte et devient méfiant L ‘amour est
plus fort et ils ont des relations continues. Elle devient enceinte et sa
servante le dit à son mari qui ne met plus les pieds dans son appartement, il
découvre pour son fils qu’il renvoie ailleurs et oblige Anita à se faire
avorter, elle est enceinte de 3 mois. Puis il l’expulse de son pays et elle se
retrouve en Espagne. Elle a vécu un peu plus de 18 ans en Inde !
Elle a beaucoup d’argent et avec
le temps le maharajah accepte de la voir dans les pays d’Europe et cela lui
permet de voir son fils Ajit, quand il fait ses études en France elle le verra
régulièrement. Puis son amant vient parfois, Kara garde des relations
amoureuses avec elle lors de ses voyages, cela ne l’empêche pas d’être marié et
père de famille.
Anita s’ennuie de l’Inde et voudrait y retourner mais on lui refuse
toujours son visa et elle comprend que même si son ex mari accepte de la voir à
l’étranger il ne veut plus d’elle à Kapurthala. Elle meurt en 1962 à Madrid
dans les bras de son fils, elle fut enterrée à Malaga car elle fut refusée à la
capitale.
Elena
LE CAFE AU LIT
Durant 20 ans Louise servit le café au lit
à Marcel, les week-end et jours fériés, elle allait lui acheter des croissants
et apportait le plateau dans la chambre. Elle-même déjeunait dans la cuisine
avec les enfants.
Lorsque son dernier enfant partit de la
maison elle décida de dormir le week-end et ne plus apporter le café à son mari
après tout elle travaillait aussi, elle avait le droit à du repos.
Marcel descendit, étonné de ne pas la
voir à 9 h ni à 9 h 30 et il descendit inquiet :
-
Tu as
oublié le café et les croissants ?
-
Non, je n’ai
plus envie d’aller acheter les croissants le matin de bonne heure, je viens
déjeuner puis je retourne me reposer si je veux !
Il la regarda étonné, elle avait le ton
calme mais déterminé, déçu il insista :
-
Nous pourrions
déjeuner ensemble dans la chambre !
-
A condition que
ce soit toi qui prépare le café, aille acheter les croissants et apporte le
plateau dit-elle en souriant d’un air moqueur !
-
Pourquoi
pas ?
Elle ne répondit pas et attendit le
lendemain qui était dimanche mais il dormait comme d’habitude et elle descendit
déjeuner toute seule.
Depuis ce jour elle se sentit plus libre le
week-end !
Elena
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#doré : expo. à Caen
BIROBIDJAN
Dans les années 1930 Staline se rendit compte qu’il y avait un certain
nombre de Républiques mais rien pour le peuple juif, il créa, en 1932, la
région autonome de Birobidjan pour les juifs (36 000 km2). Il est vrai que
cela lui permettait de se débarrasser de certains qui l’encombraient sans
refaire des pogroms.
Il put se réclamer le premier qui donna un territoire aux juifs bien
avant Israël, on y trouvait une synagogue, un théâtre et des écoles apprenant
le yiddish.
Au début beaucoup de juifs y allèrent et surtout pour se réfugier pendant
la guerre de 1940. Petit à petit des Russes vinrent y vivre dont des espions
car la région se trouve à la frontière de Kharbin et des Japonais occupaient la
ville. Les Russes défendaient leurs frontières et s’étaient installés à
Birobidjan.
Il y avait un peu plus de 30 000 habitants dont 80 % de juifs puis
le chiffre se réduit assez rapidement pour atteindre moins de 2% il y a peu de
temps. La plupart sont partis en Israël et d’autres furent massacrés par les
purges de Staline tout comme les autres occupants du territoire soviétique.
Elena
BETISE
Nous
étions dans un camp sur la plage, les moniteurs mettaient le filet pour nous
montrer les limites pour nager. Je savais nager et j’avais 10 ans, ma copine ne
savait pas nager, je lui proposai :
-
Monte sur mon dos et je nagerai, tu feras des
mouvements en même temps !
Elle accepte et je marchais au bord, lui faisant croire
que je nageais, elle était assez naïve pour le croire et j’avoue que cela
m’amusait. Je n’avais pas prévu qu’il arrive en mer qu’on n’ait plus pied sans
s ‘éloigner de beaucoup et là que fait-on avec une fille sur le dos ?
Les autres je l’ignore mais moi je coulais, je disais à ma copine de me lâcher
et je la tirerai mais elle était paniquée. Heureusement qu’elle eut l’idée de
hurler, sinon je n’avais plus la force de tenir sous l’eau, un moniteur accourut
et nous sauva de la noyade.
Après cela je fus punie, comme il se doit mais fait
bizarre ma copine ne voulait plus monter sur mon dos à la mer, je crois qu’elle
m’en a voulu un bon moment !
Elena
#lundi soleil
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#doré : magasin birman
Marc CHAGALL
(1887 – 1985)
Peintre russe,
il s’est fait naturaliser français en 1937 et il est mort à Saint Paul de Vence
où il vécut presque toute sa vie après un bref séjour aux USA. Sa peinture est
surréaliste, de primitivisme, inspirée
par la tradition juive.
Il est retourné
en Russie et là il peignit pour les
juifs qui étaient expulsés. Il crée un théâtre pour eux.
Il a essayé la
peinture sur toile, l’émail le graphisme et la poésie. Tout comme il fit des
illustrations de la bible. Il peignit un vitrail.
Après la guerre
Il s’installe à St Paul de Vence jusqu’à sa mort.
Je vous mets
ses toiles les plus connues :
E
$
COMMERCE
Dans un village il y avait des commerçants, ils vendaient de tout sauf
de la nourriture ; des clous, des vêtements à l’ancienne surtout, des
objets, du tissu, outils et j’en passe.
Un jour le commerçant mourut d’un cancer, il y eut un enterrement
grandiose avec tout le village présent pour les funérailles.
La veuve annonça qu’elle était bien vieille et fermerait sûrement le
magasin, personne ne voulait le reprendre.
Tout le village acheta des objets chez elle, avant qu’elle ne ferme,
nous avons acheté une lampe ancienne, une nappe et d’autres choses.
Il ne restait plus qu’à attendre la fermeture. Depuis, 17 ans se sont
écoulés, le magasin est toujours ouvert, la veuve le tient, j’ignore si elle
vend encore et quoi ? Mais, il a la même allure que je lui ai connu au
début. J’ai entrevu la veuve, elle se porte bien et peut encore vivre
longtemps.
Elena
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Décembre 2025 : doré
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#doré : en Normandie
EN 2040
Elsa faisait la queue depuis au
moins une heure, elle s'était placée derrière la pancarte « hommes »
Quand une personne se retrouvait
seule, si elle avait plus d'une pièce pour vivre, elle devait se présenter au
bureau « solitaires » et là elle avait le choix de vivre avec un
homme ou une femme : l'homosexualité était acceptée depuis longtemps. Il
n'était plus pensable de vivre seul dans un logement à plusieurs pièces car
tout était comble, Les maisons de mauvaise qualité se détruisaient plus vite
qu'on n'en construisait, La durée de vie s'était allongée à plus de cent ans et
on ne savait plus quoi faire des centenaires !
Elsa avait déjà vu le robot qui
lui avait posé une tonne de questions et rempli sa feuille, il lui restait à
voir sur quel homme elle allait tomber. Heureusement, ce n'était pas un mariage
et ils pouvaient s'ignorer s'ils voulaient mais en cas de besoin ils devaient
s'entraider cela était inscrit dans le contrat.
Enfin on l'appela dans un bureau
où un robot lui présenta l'homme avec qui elle devait partager l'appartement de
trois pièces. Elle le regarda attentivement un peu gênée :
– Bonjour,
je m'appelle Christian
– Appelez-moi
Elsa
– C'est
la première fois que vous venez ici ?
– Oui,
c'est la première fois que je suis veuve et vous ?
– C'est
la première fois que je divorce,
– Ce
n'est pas à vote honneur !
– Non,
c'est la vie qui nous a séparés, le robot nous a mal choisi,
– Allons
nous inscrire si vous êtes d'accord de vivre en colocation ?
– Bien
sûr, on verra si tout va bien par la suite.
Ils partirent affirmer leur choix
à un autre robot puis ils cherchèrent dans quel logement et quel arrondissement
ils allaient vivre. Il faudrait déménager et arranger l'appartement à leur
goût, Pour le déménagement un robot s'en occuperait et un autre leur trouverait
un lieu pas trop loin de leur travail selon les places vides.
Le soir ils se retrouvèrent
ensemble dans un trois pièces, Elsa choisit sa chambre et laissa la plus grande
à Christian, la salle commune servirait pour les repas et autres besoins de la
vie commune.
Ni l'un ni l'autre n'avaient
d'enfants, sinon les enfants avaient une pièce par fratrie et parfois il
fallait mettre des lits gigognes.
Christian et Elsa rangèrent leurs
affaires qui étaient déjà arrivées, pour les meubles ils devraient aller
choisir selon leur goût.
1
– Votre
lieu de travail ne sera pas loin demanda Christian ?
– Pas plus d'un arrondissement d'ici mais
j'ignore encore, je saurai demain, et vous ?
– Je
reste où j'étais je suis dépanneur robotique et on en trouve partout, il
rit !
Le couple ne savait plus quoi se
dire, une petite gêne s'installa autour d'eux.
– Nous
dînerons ensemble ou chacun son tour demanda Elsa ?
– On
reçoit les plateaux à 20 heures alors pourquoi ne pas manger ensemble ?
– Ce
serait plus simple accepta Elsa,
Chacun s'organisa dans sa
chambre, quand les repas arrivèrent ils dînèrent ensemble, débarrassèrent et
firent la liste des meubles qu'ils voudraient acheter en regardant sur
internet, on trouvait très peu de magasins où on pouvait acheter, tout passait
par l'ordinateur. Après avoir fait leur choix ils se quittèrent pour aller
chacun dans leur chambre contents de leur journée.
Ils avaient deux mois d'essai
pour essayer de vivre ensemble, ils pouvaient se séparer et alors ils
rechercheraient un nouveau colocataire chacun de son côté avec beaucoup de
formulaires : le tout durait un à deux mois. Ils espéraient bien s'entendre
et plus si affinité !
Elena
ADIEU CAMPAGNE (2020)
Pour la dernière fois je suis
allée dans ma maison de campagne, j’étais avec mon fils car seule si je tombe
je ne peux pas me relever.
J’ai choisi les objets à
ramener, cela m’a pris une demi journée. Nous allons la vendre le plus
rapidement qu’on peut.
Nous sommes allés une journée à
La Rochelle au Port des Minimes et nous avons profité de la mer en la
longeant, nous avons aussi admiré les
bateaux et mangé des bonnes crêpes et glaces.
Nos gentils voisins nous ont
ramené les chevaux et poneys alors que je n’avais plus d’herbe dans le champ et
le voisin apportait du foin pour les chevaux.
J’ai toujours aimé les chevaux
et je leur donnais du pain sec ou des pommes et là ce fut ma voisine qui m’a
apporté du pain pour que je puisse les régaler. C’était touchant et j’ai passé
une journée à profiter des chevaux et me promener dans le chemin avec mon fils.
Adieu ma maison de
campagne !
Elena
#lundi soleil
Novembre 2025 : livres
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#livres : origine histoire des mots
WLADIMIR HOROWITZ (1903 – 1989)
Célèbre pianiste ukrainien, il est né à Kiev et mourut aux USA après être
devenu citoyen américain,
Cet homme ombrageux est un
virtuose du piano et considéré comme le N° 1 par les autres pianistes, En outre
ce fut le plus riche des pianistes, il donna beaucoup de concerts et fut très
demandé.
Il arrangea certains morceaux
qu'il interprétait mais ne composa pas, il fut surtout connu en tant que
pianiste virtuose
Elena
https://www.bing.com/search?q=WLADIMIR+HOROWITZ+youtube&cvid=9d09ed69d8cc4b5dbeb2e9790c2b7267&aqs=edge..69i57j0.14492j0j1&pglt=299&FORM=ANSPA1&PC=HCTS
UN ANIMATEUR
Pour lui les candidates défilaient, il aimait blaguer avec elles,
parfois ils les tenaient par l’épaule ou une main posée sur le dos. C’était
fait assez discrètement et personne ne s’en plaignait, tout comme il embrassait
les candidates quand elles partaient. Il était également convivial avec les
hommes mais d’une autre façon.
Ce jour-là, arriva sur le plateau une blonde d’une beauté
exceptionnelle, aux yeux d’une couleur bleu comme l’océan. Elle avait un
sourire ravageur et à la question :
-
Quel est votre
profession ?
-
Je sui
professeur de chant lyrique.
Le jeu commença et il s’aperçut qu’en plus de sa beauté elle était
instruite et fort intelligente, ce qui le déstabilisa un peu ; ses
réparties n’étaient pas prévues à son programme.
La candidate ayant gagné, il la félicita et passa aussitôt à autre
chose :
-
Je vous rappelle
que si vous voulez jouer à notre jeu il suffit de téléphoner au …
Il ne lui avait pas dit au revoir, il n’avait pas pu. Pour la première
fois il avait rougi quand elle lui avait souri, pourtant elle n’était pas
provocante, il était sous le charme et ne savait comment le cacher. Il réussit
à terminer son émission alors que la jeune femme hésita puis partit l’ait
étonné.
Pendant ce temps une jeune femme blonde, son épouse, regardait
l’émission les sourcils froncés, elle le connaissait bien et la jalousie la
tiraillait. Elle savait qu’il n’y aurait rien entre eux mais savoir que son
mari a désiré une femme devant elle, lui serrait le cœur. Elle devait vivre
avec la télévision et ses inconvénients !
Elena
#lundi soleil
Novembre 2025 : livres
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#livres : œuvre de Pouchkine (10 tomes) le plus grand
poète russe
L’autre jour j’écoutais radio musique, c’était la semaine des
compositrices, j’ai retenu un peu son histoire ; elle m’a marqué plus que
les autres.
Mélanie est née au 19e siècle, elle était d’un milieu
bourgeois, la musique l’attirait et elle apprit seule le piano jusqu’à 12 ans.
Ses parents voyant sa persévérance, l’envoyèrent étudier la musique. Elle reçut
un prix au conservatoire, elle compose un corpus, mais elle tombe aussi
amoureuse d’un musicien.
Ses parents très pieux la font revenir vite fait, la marient, elle
n’ose pas dire non, elle est croyante. Elle eut 3 enfants avec son mari, un
jour elle eut l’occasion de retourner au conservatoire et retrouve son amour,
ils deviennent amants, elle a une fille de lui qu’elle fait passer pour sa
filleule.
Personne n’aurait rien su si son fils n’était tombé amoureux de la
filleule, elle fut obligée de lui avouer que c’était sa demi-sœur.
Elle continua à jouer et composer puis en eut assez du machisme et
composa de moins en moins.
Elena
CADEAU
Petit Paul ne voulait pas dormir, il
voulait guetter le père Noël mais malgré lui il s’endormit. Le matin il se
réveilla de bonne heure et descendit dans la salle à manger, les cadeaux se
trouvaient sous le sapin.
Sous son chausson il trouva un gros paquet,
il l’ouvrit et resta stupéfait : c’était une cuvette plate et à côté il y
avait du sable « A quoi cela pouvait bien servir ? » Perplexe il
s’assit et attendit sa maman qui descendait les escaliers. Elle le regarda les
yeux pétillants :
-
Il t’a bien gâté
papa Noël !
-
Je ne trouve
pas, je ne comprends pas à quoi ça sert.
-
Viens, ne fais
pas de bruit je vais te montrer.
Ils remontèrent dans la chambre de maman et
elle ouvrit doucement la porte, il vit un panier et dans celui-là dormait un
joli chaton. Il courut le caresser, les yeux éblouis, son rêve s’était
réalisé :
-
Il s’appellera
mamour !
-
Comme tu veux,
c’est ton chaton, maintenant viens qu’on s’en occupe, je vais t’apprendre pour
que tu saches le faire seul après.
Ils sortirent avec le chaton, le petit
garçon avait le cœur qui battait de joie !
Elena
#lundi soleil
Novembre 2025 : livres
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#livres : ma liseuse
EN 2055 (fiction)
Ils se tenaient tous devant des cars, d’un haut parleur on entendit une
voix :
-
Les hommes et
les femmes nommés monteront dans le car qui va à Paris, les autres attendront
leurs noms. Les hommes et les femmes ayant le N° 1 devront s’asseoir côte à
côte, les deux etc.…
Fleur se demanda à quoi ressemblerait son futur mari, elle était assise
et surveillait les hommes qui montaient. Tous paraissaient moins de 45 ans, les
nouveaux traitements faisaient qu’ils n’y avaient plus de personnes âgées. Bien
sûr, des gens mourraient, étaient malades mais leur apparence restait toujours
jeune, ce qui fait qu’on ne savait pas si on allait tomber sur un homme
réellement d’une quarantaine d’années ou de 60 ans ou plus. Dans le car ils avaient tous 65 ans et plus,
ils étaient tous des retraités envoyés à différents endroits.
La nouvelle loi ne voulait plus voir de célibataires, la vie en commun
était obligatoire pour s’entraider dans la vieillesse. Les couples homosexuels
étaient dirigés vers d’autres cars.
Un bel homme brun vint s’asseoir près de fleur, il l’examina avec
curiosité. Les couples étaient choisis par ordinateur d’après des données sur
chaque personne :
-
Essayons de
savoir ce que nous avons de commun,
voulez-vous ?
-
J’aime Paris et
je suppose que vous aussi sinon nous ne serions pas dans ce car dit Fleur. Ils
rirent et elle put voir qu’il avait de belles dents.
-
Je m’appelle
Olivier et je suis esthète et vous ?
-
Fleur et, j’aime aussi les belles choses comme l’art,
la littérature, la musique, le théâtre. …
-
Ne cherchez pas
plus loin vous avez trouvé tout ce qui nous réunissait !
-
Où
habiterons-nous ?
-
Près du musée
Rodin d’après mes informations, c’est un coin tranquille et pas loin des
quartiers animés.
-
Avez-vous des
enfants, moi j’ai un fils qui vit
dans le Sud, il est de mon premier mari décédé il y a cinq ans.
-
Je suis divorcé
et j’ai également un fils mais on ne se voit que 2 ou 3 fois par an mais on
s’aime beaucoup.
-
Comme moi,
répondit Fleur !
Quand le car arriva à Paris ils se connaissaient aussi bien que s’ils
avaient vécu ensemble durant dix ans. Ils prirent leurs bagages, les meubles
étaient déjà dans l’appartement qui leur était réservé et ils prirent un taxi
pour rentrer. Le lieu leur sembla familier et ils ne furent pas dépaysés.
Quelques jours plus tard ils savaient
qu’ils étaient faits pour vivre ensemble et peu importait leur âge réel. Au
bout de 18 mois ils divorcèrent car ils n’avaient pas un caractère
complémentaire mais réagissaient de la même manière.
Elena
DEUX OURSONS (histoire vraie)
Youri vécut à Tiksi plusieurs années puis il retourna vivre à
Khabarovsk, toujours la Sibérie, mais avec un climat plus supportable.
Un jour un chasseur arriva avec deux oursons polaires qu’il déposa en
disant :
-
La mère est
morte, je vous les laisse ne pouvant pas les emmener chez moi.
Les habitants s’habituèrent très vite aux oursons et les laissèrent se
promener librement en ville, chacun donnait quelque chose à manger. Les oursons
se sentaient partout chez eux et les bienvenus, ils grandirent heureux.
Youri souriait en parlant des oursons tout comme il aurait parlé de son
chien qui ne le quittait jamais.
Pourtant, la belle vie des oursons s’acheva lorsqu’ils atteignirent
leurs tailles d’adulte. Un jour un camion vint les chercher pour les emmener
dans un zoo, il était impossible de les relâcher dans la nature car ils
n’étaient pas habitués ni à chasser ni à pêcher et c’était trop risqué de les
laisser en ville.
Les habitants se rassemblèrent, chacun donna une dernière friandise aux
ours, certains pleuraient et ils les virent partir dans le camion grillagé.
Depuis ils refusèrent qu’on leur laisse d’autres oursons.
Ce fut le meilleur souvenir de Youri de cette région car le froid était
trop dur à supporter et il rejoignit sa famille à Khabarovsk.
Elena
#lundi soleil
Novembre 2025 : livres
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#livres : ma bibliothèque
L’ETRANGER
Lorsqu’il
est venu habiter la masure du père Vieney, il a juste dit « Je ne suis pas
d’ici » depuis les gens l’appelaient « L’étranger » Il parlait
très mal le français, parfois sa femme traduisait à sa place, elle était
française. L’épouse faisait des ménages, leurs deux fillettes allaient à
l’école puis à la garderie, l’étranger
faisait des petits travaux au noir, il n’avait pas encore l’autorisation de
vivre en France.
Il
était très bricoleur, savait poser le carrelage, monter un mur en ciment,
connaissait la plomberie et l’été il débroussaillait les champs du village et
des environs.
Le
couple avait arrangé la masure, colmaté les trous et vivait assez bien. A mon
tour je lui avais demandé des travaux dans le grenier, arranger une pièce
supplémentaire. Il venait le matin, rentrait manger chez lui et revenait
l’après-midi, le soir sa femme venait le chercher avec les enfants en voiture,
il n’avait pas de permis. Les enfants attendaient dans la voiture poliment, je
les ai fait entrer et jouer dans le
jardin, ils étaient polis et gentils. Un jour nous avons discuté pendant qu’il
travaillait, il m’a dit qu’il était grec d’un côté et polonais de l’autre, avec
une goutte de sang juif et une goutte venant d’Ukraine. Il m’avoua ne parler
que le grec et le français. En Grèce il travaillait dans un cirque. Je voulais
savoir pourquoi il n’était pas resté, il a ri en disant :
-
Je suis l’étranger, trop de sang mêlé
dans les veines
Sa réponse me laissa perplexe, j’avais remarqué qu’il
portait l’alliance à droite, comme les Grecs, je ne comprenais pas pourquoi il
avait quitté son pays ? Il m’intriguait, je décidai de demander à son
épouse, il arrivait qu’elle reste avec moi le temps qu’il finisse son travail.
C’est ainsi qu’elle m’apprit qu’en Grèce on le considérait comme un étranger,
son père venait d’Ukraine et parlait mal le grec, il aurait mieux valu le
contraire. Par contre, elle ne me dit pas pourquoi il avait quitté le cirque ni
son pays d’origine, il était né en Grèce.
Nous les voyons dans différents villages avoisinants
travailler à l’extérieur, son épouse venir le chercher et les enfants toujours
tranquilles.
L’étranger vivait dans la masure de Vianey depuis un
an déjà, je le voyais en passant en voiture, lorsque j’allais faire des
courses. Les enfants jouaient avec d’autres enfants, ils semblaient s’être
adaptés au village.
Dans l’ensemble, les gens étaient contents de ses
services, ils payaient moins chers, l’homme travaillait bien, on n’avait rien à
lui reprocher.
Le travail au noir pose toujours un problème :
il rend jaloux ceux qui travaillent en payant des impôts, en gagnant moins sans
prendre de risques.
Je l’avais conseillé à ma voisine de droite, une
vieille dame veuve, elle avait besoin de refaire son sol. L’étranger était
accompagné par sa femme, elle était repartie et le soir elle l’attendait devant
la porte. Parfois elle venait avant ou plus tard, selon l’heure où elle
finissait ses ménages. Son travail était régulier, elle ne travaillait pas au
noir. Bonne précaution, ayant deux enfants, elle ne voulait pas prendre de
risques.
C’est chez ma voisine que j’ai su qu’elle l’avait
rencontré au cirque, il n’exerçait plus mais ça lui manquait et dès qu’il y
avait un cirque dans un village il essayait d’y aller, parfois il leur donnait
un coup de main tellement il était heureux de se retrouver parmi eux. Je la
questionnai, j’ai su qu’elle l’avait vu marcher sur la tête, faire des sauts un
peu spéciaux… A ce moment il était venu et elle s’est tue immédiatement. Il ne
dit rien, j’ai eu l’impression que cela ne lui plaisait pas de trop.
L’étranger avait fait des efforts pour comprendre et
se faire comprendre, il connaissait bien l’anglais mais dans les villages
français peu de gens parlent anglais, parfois un enfant traduisait.
Un jour sa fille aînée, était restée avec moi, nous
avions promené mes chiens ensemble, elle me dit :
-
Mon père n’a pas de patrie
-
Il est grec pourtant
-
Je sais, mais je ne suis pas sûre qu’il se sente
grec, il dit qu’il est partout « Etranger » Il aimerait que nous
restions françaises, c’est trop dur !
Etonnée, je lui demandai
ce qui était dur pour son père ? Elle me regarda et dit :
-
Vivre et ne pas faire partie du pays, ne pas
comprendre, se sentir humilié, voir la pitié…
Je ne savais plus quoi
répondre, comment changer cet état d’esprit, je ne savais pas s’il avait cette
impression ou si les autres le lui faisaient sentir ?
En revenant de promenade,
son père lui fit remarquer qu’il est tard, ils partirent aussitôt, sa femme
conduisait. Je la sentis ennuyée, elle n’aurait pas dû laisser sa fille venir
avec moi. Cette impression se confirma la fois suivante, quand je proposai à la
petite de m’accompagner, sa mère refusa prétextant qu’elle allait étudier dans
la voiture, je n’insistai pas.
L’étranger vécut 18 mois
tranquille, dans un village voisin. Il travaillait, parlait peu, attendait sa
femme pour rentrer chez lui.
Tous étaient discrets
dans l’ensemble et le peu que j’appris les autres ne le savaient pas.
Un jour, l’étranger
travaillait sur un toit, il remettait les tuiles de la mère Damien, le vent les
avaient fait tomber, son maçon était débordé par des dégâts plus importants,
elle avait trouvé plus simple de demander à l’étranger. Cet argent permettait à
l’étranger d’économiser pour arranger la masure, il comptait l’acheter et
l’arranger en jolie maison pour sa famille.
Le lendemain je vis les
gendarmes rôder dans le village, ils posaient plein de questions sur
l’étranger, du genre
-
As-t-il travaillé chez vous, que savez-vous de
lui, d’où venait-il et j’en passe…
Comme les autres je dis
le strict nécessaire. J’allais voir ma voisine, elle pensait qu’il avait été
dénoncé pour son travail au noir, sans doute un maçon qui avait été remplacé
par lui.
Quelques jours passèrent,
on ne vit plus l’étranger, la masure était fermée. Etonnée, je me renseignai
auprès des voisins du village ils dirent que les gendarmes sont venus le
chercher, la femme et les filles sont retournées dans la famille de l’épouse. Je
demandai pourquoi on l’avait arrêté ?
-
Il était poursuivi comme trafiquant de drogue,
dirent certains
-
Il avait volé les Bertrant, son prix était plus
cher que prévu dit un autre
-
Il n’avait pas dit qu’il n’avait pas la carte de
séjour, on ne l’aurait pas pris dit encore une personne.
L’étranger n’a plus
reparu, les travaux faits ne semblaient plus aussi bien, les prix n’étaient pas
intéressants puisque sa femme venait le chercher et il partait souvent avant
l’heure.
Je ne me plaignais pas,
tout avait été bien fait, ma voisine trouva son sol mal fait et fit venir son
maçon.
Tout à fait par hasard,
je tombai sur sa femme, je lui demandai comment allait son époux, elle me
répondit :
-
il a quitté la France
-
Comment, et vous ?
-
Il n’avait pas la permission de vivre en France,
c’est pour ça qu’il vivait à la campagne, il a été dénoncé pour avoir travaillé
au noir. Les gendarmes sont venus le chercher et l’ont ramené en Grèce.
-
Et vous, vous n’avez pas pu le suivre ?
-
Non, je suis française, il m’a écrit qu’il va
essayer d’avoir un visa pour venir, je n’y crois pas de trop. Pour la drogue
c’est vrai mais il a payé, il est allé en prison, depuis jamais il n’y a
touché. Je me demande comment ils ont pu savoir ?
Elle pleurait disant
qu’elle l’avait prévenu que les gens n’aiment pas les gens d’ailleurs. Elle
s’était réfugiée chez ses parents car on attaquait ses filles, disant que son
père travaillait mal, qu’il était un escroc, qu’il ferait de la prison…
Maintenant je dois
oublier, mes filles aussi tout en souhaitant le retrouver un jour, j’ai envoyé
une lettre en Grèce, après je n’ai plus continué, s’il se cache, je ne veux
plus qu’on le dénonce, surtout pas par moi.
L’étranger n’est plus
revenu, l’épouse vécut chez ses parents, elle éleva seule ses enfants, il ne
lui donna plus signe de vie, pourtant, un jour elle disparut à son tour...
Elena