vendredi 28 novembre 2025

 

EN 2040

Elsa faisait la queue depuis au moins une heure, elle s'était placée derrière la pancarte « hommes »

Quand une personne se retrouvait seule, si elle avait plus d'une pièce pour vivre, elle devait se présenter au bureau « solitaires » et là elle avait le choix de vivre avec un homme ou une femme : l'homosexualité était acceptée depuis longtemps. Il n'était plus pensable de vivre seul dans un logement à plusieurs pièces car tout était comble, Les maisons de mauvaise qualité se détruisaient plus vite qu'on n'en construisait, La durée de vie s'était allongée à plus de cent ans et on ne savait plus quoi faire des centenaires !

Elsa avait déjà vu le robot qui lui avait posé une tonne de questions et rempli sa feuille, il lui restait à voir sur quel homme elle allait tomber. Heureusement, ce n'était pas un mariage et ils pouvaient s'ignorer s'ils voulaient mais en cas de besoin ils devaient s'entraider cela était inscrit dans le contrat.

Enfin on l'appela dans un bureau où un robot lui présenta l'homme avec qui elle devait partager l'appartement de trois pièces. Elle le regarda attentivement un peu gênée :

       Bonjour, je m'appelle Christian

       Appelez-moi Elsa

       C'est la première fois que vous venez ici ?

       Oui, c'est la première fois que je suis veuve et vous ?

       C'est la première fois que je divorce,

       Ce n'est pas à vote honneur !

       Non, c'est la vie qui nous a séparés, le robot nous a mal choisi,

       Allons nous inscrire si vous êtes d'accord de vivre en colocation ?

       Bien sûr, on verra si tout va bien par la suite.

Ils partirent affirmer leur choix à un autre robot puis ils cherchèrent dans quel logement et quel arrondissement ils allaient vivre. Il faudrait déménager et arranger l'appartement à leur goût, Pour le déménagement un robot s'en occuperait et un autre leur trouverait un lieu pas trop loin de leur travail selon les places vides.

Le soir ils se retrouvèrent ensemble dans un trois pièces, Elsa choisit sa chambre et laissa la plus grande à Christian, la salle commune servirait pour les repas et autres besoins de la vie commune.

Ni l'un ni l'autre n'avaient d'enfants, sinon les enfants avaient une pièce par fratrie et parfois il fallait mettre des lits gigognes.

Christian et Elsa rangèrent leurs affaires qui étaient déjà arrivées, pour les meubles ils devraient aller choisir selon leur goût.

                                                                                                                                                            1

       Votre lieu de travail ne sera pas loin demanda Christian ?

        Pas plus d'un arrondissement d'ici mais j'ignore encore, je saurai demain, et vous ?

       Je reste où j'étais je suis dépanneur robotique et on en trouve partout, il rit !

Le couple ne savait plus quoi se dire, une petite gêne s'installa autour d'eux.

       Nous dînerons ensemble ou chacun son tour demanda Elsa ?

       On reçoit les plateaux à 20 heures alors pourquoi ne pas manger ensemble ?

       Ce serait plus simple accepta Elsa,

Chacun s'organisa dans sa chambre, quand les repas arrivèrent ils dînèrent ensemble, débarrassèrent et firent la liste des meubles qu'ils voudraient acheter en regardant sur internet, on trouvait très peu de magasins où on pouvait acheter, tout passait par l'ordinateur. Après avoir fait leur choix ils se quittèrent pour aller chacun dans leur chambre contents de leur journée.

Ils avaient deux mois d'essai pour essayer de vivre ensemble, ils pouvaient se séparer et alors ils rechercheraient un nouveau colocataire chacun de son côté avec beaucoup de formulaires : le tout durait un à deux mois. Ils espéraient bien s'entendre et plus si affinité !

Elena

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 26 novembre 2025

 

ADIEU CAMPAGNE (2020)

Pour la dernière fois je suis allée dans ma maison de campagne, j’étais avec mon fils car seule si je tombe je ne peux pas me relever.

J’ai choisi les objets à ramener, cela m’a pris une demi journée. Nous allons la vendre le plus rapidement qu’on peut.

Nous sommes allés une journée à La Rochelle au Port des Minimes et nous avons profité de la mer en la longeant,  nous avons aussi admiré les bateaux et mangé des bonnes crêpes et glaces.

Nos gentils voisins nous ont ramené les chevaux et poneys alors que je n’avais plus d’herbe dans le champ et le voisin apportait du foin pour les chevaux.

J’ai toujours aimé les chevaux et je leur donnais du pain sec ou des pommes et là ce fut ma voisine qui m’a apporté du pain pour que je puisse les régaler. C’était touchant et j’ai passé une journée à profiter des chevaux et me promener dans le chemin avec mon fils.

Adieu ma maison de campagne !

Elena






lundi 24 novembre 2025

 

#lundi soleil

Novembre 2025  : livres

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#livres : origine histoire des mots



vendredi 21 novembre 2025

 

WLADIMIR HOROWITZ (1903 – 1989)


Célèbre pianiste ukrainien, il est né à Kiev et mourut aux USA après être devenu citoyen américain,

Cet homme ombrageux est un virtuose du piano et considéré comme le N° 1 par les autres pianistes, En outre ce fut le plus riche des pianistes, il donna beaucoup de concerts et fut très demandé.

Il arrangea certains morceaux qu'il interprétait mais ne composa pas, il fut surtout connu en tant que pianiste virtuose

 

Elena

 

https://www.bing.com/search?q=WLADIMIR+HOROWITZ+youtube&cvid=9d09ed69d8cc4b5dbeb2e9790c2b7267&aqs=edge..69i57j0.14492j0j1&pglt=299&FORM=ANSPA1&PC=HCTS


 

 

mercredi 19 novembre 2025

 

UN ANIMATEUR

Pour lui les candidates défilaient, il aimait blaguer avec elles, parfois ils les tenaient par l’épaule ou une main posée sur le dos. C’était fait assez discrètement et personne ne s’en plaignait, tout comme il embrassait les candidates quand elles partaient. Il était également convivial avec les hommes mais d’une autre façon.

Ce jour-là, arriva sur le plateau une blonde d’une beauté exceptionnelle, aux yeux d’une couleur bleu comme l’océan. Elle avait un sourire ravageur et à la question :

-        Quel est votre profession ?

-        Je sui professeur de chant lyrique.

Le jeu commença et il s’aperçut qu’en plus de sa beauté elle était instruite et fort intelligente, ce qui le déstabilisa un peu ; ses réparties n’étaient pas prévues à son programme.

La candidate ayant gagné, il la félicita et passa aussitôt à autre chose :

-        Je vous rappelle que si vous voulez jouer à notre jeu il suffit de téléphoner au …

Il ne lui avait pas dit au revoir, il n’avait pas pu. Pour la première fois il avait rougi quand elle lui avait souri, pourtant elle n’était pas provocante, il était sous le charme et ne savait comment le cacher. Il réussit à terminer son émission alors que la jeune femme hésita puis partit l’ait étonné.

Pendant ce temps une jeune femme blonde, son épouse, regardait l’émission les sourcils froncés, elle le connaissait bien et la jalousie la tiraillait. Elle savait qu’il n’y aurait rien entre eux mais savoir que son mari a désiré une femme devant elle, lui serrait le cœur. Elle devait vivre avec la télévision et ses inconvénients !

Elena

 


 

lundi 17 novembre 2025

 

#lundi soleil

Novembre 2025  : livres

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#livres : œuvre de Pouchkine (10 tomes) le plus grand poète russe



vendredi 14 novembre 2025

 

MELANIE BONIS ( 1858 – 1957)

L’autre jour j’écoutais radio musique, c’était la semaine des compositrices, j’ai retenu un peu son histoire ; elle m’a marqué plus que les autres.

Mélanie est née au 19e siècle, elle était d’un milieu bourgeois, la musique l’attirait et elle apprit seule le piano jusqu’à 12 ans. Ses parents voyant sa persévérance, l’envoyèrent étudier la musique. Elle reçut un prix au conservatoire, elle compose un corpus, mais elle tombe aussi amoureuse d’un musicien.

Ses parents très pieux la font revenir vite fait, la marient, elle n’ose pas dire non, elle est croyante. Elle eut 3 enfants avec son mari, un jour elle eut l’occasion de retourner au conservatoire et retrouve son amour, ils deviennent amants, elle a une fille de lui qu’elle fait passer pour sa filleule.

Personne n’aurait rien su si son fils n’était tombé amoureux de la filleule, elle fut obligée de lui avouer que c’était sa demi-sœur.

Elle continua à jouer et composer puis en eut assez du machisme et composa de moins en moins.

Elena



 

mercredi 12 novembre 2025

CADEAU

Petit Paul ne voulait pas dormir, il voulait guetter le père Noël mais malgré lui il s’endormit. Le matin il se réveilla de bonne heure et descendit dans la salle à manger, les cadeaux se trouvaient sous le sapin.

Sous son chausson il trouva un gros paquet, il l’ouvrit et resta stupéfait : c’était une cuvette plate et à côté il y avait du sable « A quoi cela pouvait bien servir ? » Perplexe il s’assit et attendit sa maman qui descendait les escaliers. Elle le regarda les yeux pétillants :

-        Il t’a bien gâté papa Noël !

-        Je ne trouve pas, je ne comprends pas à quoi ça sert.

-        Viens, ne fais pas de bruit je vais te montrer.

Ils remontèrent dans la chambre de maman et elle ouvrit doucement la porte, il vit un panier et dans celui-là dormait un joli chaton. Il courut le caresser, les yeux éblouis, son rêve s’était réalisé :

-        Il s’appellera mamour !

-        Comme tu veux, c’est ton chaton, maintenant viens qu’on s’en occupe, je vais t’apprendre pour que tu saches le faire seul après.

Ils sortirent avec le chaton, le petit garçon avait le cœur qui battait de joie !

Elena


 

lundi 10 novembre 2025

 

#lundi soleil

Novembre 2025  : livres

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vendredi 7 novembre 2025

 

EN  2055 (fiction)

Ils se tenaient tous devant des cars, d’un haut parleur on entendit une voix :

-        Les hommes et les femmes nommés monteront dans le car qui va à Paris, les autres attendront leurs noms. Les hommes et les femmes ayant le N° 1 devront s’asseoir côte à côte, les deux etc.…

Fleur se demanda à quoi ressemblerait son futur mari, elle était assise et surveillait les hommes qui montaient. Tous paraissaient moins de 45 ans, les nouveaux traitements faisaient qu’ils n’y avaient plus de personnes âgées. Bien sûr, des gens mourraient, étaient malades mais leur apparence restait toujours jeune, ce qui fait qu’on ne savait pas si on allait tomber sur un homme réellement d’une quarantaine d’années ou de 60 ans ou plus.  Dans le car ils avaient tous 65 ans et plus, ils étaient tous des retraités envoyés à différents endroits.

La nouvelle loi ne voulait plus voir de célibataires, la vie en commun était obligatoire pour s’entraider dans la vieillesse. Les couples homosexuels étaient dirigés vers d’autres cars.

Un bel homme brun vint s’asseoir près de fleur, il l’examina avec curiosité. Les couples étaient choisis par ordinateur d’après des données sur chaque personne :

-        Essayons de savoir ce que nous avons de commun,  voulez-vous ?

-        J’aime Paris et je suppose que vous aussi sinon nous ne serions pas dans ce car dit Fleur. Ils rirent et elle put voir qu’il avait de belles dents.

-        Je m’appelle Olivier et je suis esthète et vous ?

-        Fleur et,  j’aime aussi les belles choses comme l’art, la littérature, la musique, le théâtre. …

-        Ne cherchez pas plus loin vous avez trouvé tout ce qui nous réunissait !

-        Où habiterons-nous ?

-        Près du musée Rodin d’après mes informations, c’est un coin tranquille et pas loin des quartiers animés.

-        Avez-vous des enfants, moi j’ai un fils qui  vit dans le Sud, il est de mon premier mari décédé il y a cinq ans.

-        Je suis divorcé et j’ai également un fils mais on ne se voit que 2 ou 3 fois par an mais on s’aime beaucoup.

-        Comme moi, répondit Fleur !

Quand le car arriva à Paris ils se connaissaient aussi bien que s’ils avaient vécu ensemble durant dix ans. Ils prirent leurs bagages, les meubles étaient déjà dans l’appartement qui leur était réservé et ils prirent un taxi pour rentrer. Le lieu leur sembla familier et ils ne furent pas dépaysés. Quelques jours plus tard  ils savaient qu’ils étaient faits pour vivre ensemble et peu importait leur âge réel. Au bout de 18 mois ils divorcèrent car ils n’avaient pas un caractère complémentaire mais réagissaient de la même manière.

Elena


 

 

mercredi 5 novembre 2025

 

DEUX OURSONS (histoire vraie)

Youri vécut à Tiksi plusieurs années puis il retourna vivre à Khabarovsk, toujours la Sibérie, mais avec un climat plus supportable.

Un jour un chasseur arriva avec deux oursons polaires qu’il déposa en disant :

-        La mère est morte, je vous les laisse ne pouvant pas les emmener chez moi.

Les habitants s’habituèrent très vite aux oursons et les laissèrent se promener librement en ville, chacun donnait quelque chose à manger. Les oursons se sentaient partout chez eux et les bienvenus, ils grandirent heureux.

Youri souriait en parlant des oursons tout comme il aurait parlé de son chien qui ne le quittait jamais.

Pourtant, la belle vie des oursons s’acheva lorsqu’ils atteignirent leurs tailles d’adulte. Un jour un camion vint les chercher pour les emmener dans un zoo, il était impossible de les relâcher dans la nature car ils n’étaient pas habitués ni à chasser ni à pêcher et c’était trop risqué de les laisser en ville.

Les habitants se rassemblèrent, chacun donna une dernière friandise aux ours, certains pleuraient et ils les virent partir dans le camion grillagé.

Depuis ils refusèrent qu’on leur laisse d’autres oursons.

Ce fut le meilleur souvenir de Youri de cette région car le froid était trop dur à supporter et il rejoignit sa famille à Khabarovsk.

Elena



lundi 3 novembre 2025


 

#lundi soleil

Novembre 2025  : livres

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vendredi 31 octobre 2025

 

L’ETRANGER

Lorsqu’il est venu habiter la masure du père Vieney, il a juste dit « Je ne suis pas d’ici » depuis les gens l’appelaient « L’étranger » Il parlait très mal le français, parfois sa femme traduisait à sa place, elle était française. L’épouse faisait des ménages, leurs deux fillettes allaient à l’école puis à la garderie,  l’étranger faisait des petits travaux au noir, il n’avait pas encore l’autorisation de vivre en France.

Il était très bricoleur, savait poser le carrelage, monter un mur en ciment, connaissait la plomberie et l’été il débroussaillait les champs du village et des environs.

Le couple avait arrangé la masure, colmaté les trous et vivait assez bien. A mon tour je lui avais demandé des travaux dans le grenier, arranger une pièce supplémentaire. Il venait le matin, rentrait manger chez lui et revenait l’après-midi, le soir sa femme venait le chercher avec les enfants en voiture, il n’avait pas de permis. Les enfants attendaient dans la voiture poliment, je les ai  fait entrer et jouer dans le jardin, ils étaient polis et gentils. Un jour nous avons discuté pendant qu’il travaillait, il m’a dit qu’il était grec d’un côté et polonais de l’autre, avec une goutte de sang juif et une goutte venant d’Ukraine. Il m’avoua ne parler que le grec et le français. En Grèce il travaillait dans un cirque. Je voulais savoir pourquoi il n’était pas resté, il a ri en disant :

-        Je suis l’étranger, trop de sang mêlé dans les veines

Sa réponse me laissa perplexe, j’avais remarqué qu’il portait l’alliance à droite, comme les Grecs, je ne comprenais pas pourquoi il avait quitté son pays ? Il m’intriguait, je décidai de demander à son épouse, il arrivait qu’elle reste avec moi le temps qu’il finisse son travail. C’est ainsi qu’elle m’apprit qu’en Grèce on le considérait comme un étranger, son père venait d’Ukraine et parlait mal le grec, il aurait mieux valu le contraire. Par contre, elle ne me dit pas pourquoi il avait quitté le cirque ni son pays d’origine, il était né en Grèce.

Nous les voyons dans différents villages avoisinants travailler à l’extérieur, son épouse venir le chercher et les enfants toujours tranquilles.

L’étranger vivait dans la masure de Vianey depuis un an déjà, je le voyais en passant en voiture, lorsque j’allais faire des courses. Les enfants jouaient avec d’autres enfants, ils semblaient s’être adaptés au village.

Dans l’ensemble, les gens étaient contents de ses services, ils payaient moins chers, l’homme travaillait bien, on n’avait rien à lui reprocher.

Le travail au noir pose toujours un problème : il rend jaloux ceux qui travaillent en payant des impôts, en gagnant moins sans prendre de risques.

Je l’avais conseillé à ma voisine de droite, une vieille dame veuve, elle avait besoin de refaire son sol. L’étranger était accompagné par sa femme, elle était repartie et le soir elle l’attendait devant la porte. Parfois elle venait avant ou plus tard, selon l’heure où elle finissait ses ménages. Son travail était régulier, elle ne travaillait pas au noir. Bonne précaution, ayant deux enfants, elle ne voulait pas prendre de risques.

C’est chez ma voisine que j’ai su qu’elle l’avait rencontré au cirque, il n’exerçait plus mais ça lui manquait et dès qu’il y avait un cirque dans un village il essayait d’y aller, parfois il leur donnait un coup de main tellement il était heureux de se retrouver parmi eux. Je la questionnai, j’ai su qu’elle l’avait vu marcher sur la tête, faire des sauts un peu spéciaux… A ce moment il était venu et elle s’est tue immédiatement. Il ne dit rien, j’ai eu l’impression que cela ne lui plaisait pas de trop.

L’étranger avait fait des efforts pour comprendre et se faire comprendre, il connaissait bien l’anglais mais dans les villages français peu de gens parlent anglais, parfois un enfant traduisait.

Un jour sa fille aînée, était restée avec moi, nous avions promené mes chiens ensemble, elle me dit :

-        Mon père n’a pas de patrie

-        Il est grec pourtant

-        Je sais, mais je ne suis pas sûre qu’il se sente grec, il dit qu’il est partout « Etranger » Il aimerait que nous restions françaises, c’est trop dur !

Etonnée, je lui demandai ce qui était dur pour son père ? Elle me regarda et dit :

-        Vivre et ne pas faire partie du pays, ne pas comprendre, se sentir humilié, voir la pitié…

Je ne savais plus quoi répondre, comment changer cet état d’esprit, je ne savais pas s’il avait cette impression ou si les autres le lui faisaient sentir ?

En revenant de promenade, son père lui fit remarquer qu’il est tard, ils partirent aussitôt, sa femme conduisait. Je la sentis ennuyée, elle n’aurait pas dû laisser sa fille venir avec moi. Cette impression se confirma la fois suivante, quand je proposai à la petite de m’accompagner, sa mère refusa prétextant qu’elle allait étudier dans la voiture,  je n’insistai pas.

L’étranger vécut 18 mois tranquille, dans un village voisin. Il travaillait, parlait peu, attendait sa femme pour rentrer chez lui.

Tous étaient discrets dans l’ensemble et le peu que j’appris les autres ne le savaient pas.

Un jour, l’étranger travaillait sur un toit, il remettait les tuiles de la mère Damien, le vent les avaient fait tomber, son maçon était débordé par des dégâts plus importants, elle avait trouvé plus simple de demander à l’étranger. Cet argent permettait à l’étranger d’économiser pour arranger la masure, il comptait l’acheter et l’arranger en jolie maison pour sa famille.

Le lendemain je vis les gendarmes rôder dans le village, ils posaient plein de questions sur l’étranger, du genre

-        As-t-il travaillé chez vous, que savez-vous de lui, d’où venait-il et j’en passe…

Comme les autres je dis le strict nécessaire. J’allais voir ma voisine, elle pensait qu’il avait été dénoncé pour son travail au noir, sans doute un maçon qui avait été remplacé par lui.

Quelques jours passèrent, on ne vit plus l’étranger, la masure était fermée. Etonnée, je me renseignai auprès des voisins du village ils dirent que les gendarmes sont venus le chercher, la femme et les filles sont retournées dans la famille de l’épouse. Je demandai pourquoi on l’avait arrêté ?

-        Il était poursuivi comme trafiquant de drogue, dirent certains

-        Il avait volé les Bertrant, son prix était plus cher que prévu dit un autre

-        Il n’avait pas dit qu’il n’avait pas la carte de séjour, on ne l’aurait pas pris dit encore une personne.

L’étranger n’a plus reparu, les travaux faits ne semblaient plus aussi bien, les prix n’étaient pas intéressants puisque sa femme venait le chercher et il partait souvent avant l’heure.

Je ne me plaignais pas, tout avait été bien fait, ma voisine trouva son sol mal fait et fit venir son maçon.

Tout à fait par hasard, je tombai sur sa femme, je lui demandai comment allait son époux, elle me répondit :

-        il a quitté la France

-        Comment, et vous ?

-        Il n’avait pas la permission de vivre en France, c’est pour ça qu’il vivait à la campagne, il a été dénoncé pour avoir travaillé au noir. Les gendarmes sont venus le chercher et l’ont ramené en Grèce.

-        Et vous, vous n’avez pas pu le suivre ?

-        Non, je suis française, il m’a écrit qu’il va essayer d’avoir un visa pour venir, je n’y crois pas de trop. Pour la drogue c’est vrai mais il a payé, il est allé en prison, depuis jamais il n’y a touché. Je me demande comment ils ont pu savoir ?

Elle pleurait disant qu’elle l’avait prévenu que les gens n’aiment pas les gens d’ailleurs. Elle s’était réfugiée chez ses parents car on attaquait ses filles, disant que son père travaillait mal, qu’il était un escroc, qu’il ferait de la prison…

Maintenant je dois oublier, mes filles aussi tout en souhaitant le retrouver un jour, j’ai envoyé une lettre en Grèce, après je n’ai plus continué, s’il se cache, je ne veux plus qu’on le dénonce, surtout pas par moi.

L’étranger n’est plus revenu, l’épouse vécut chez ses parents, elle éleva seule ses enfants, il ne lui donna plus signe de vie, pourtant, un jour elle disparut à son tour...

Elena

mercredi 29 octobre 2025

 

LE COURRIER

Jusqu’au siècle dernier nous pouvions retracer la vie d’une personne célèbre d’après son courrier, ce fut souvent le cas pour les écrivains mais aussi Van Gogh qui écrivit plus de 900 lettres en 37 ans. Et madame de Sévigné qui nous raconta toute une époque grâce à sa correspondance avec sa fille !

Aujourd’hui il y a les mails mais peut-on savoir ce qu’une personne pense à travers un mail ? Je n’ai pas de réponses à part que moi je m’exprime très peu dans un mail.

Je me demande si dans un siècle nous connaîtrons aussi bien les écrivains et autres personnes célèbres qu’à notre époque grâce aux lettres bien souvent. Il y a aussi les journaux mais ils ne reflètent pas toujours la vérité tandis qu’une lettre ment rarement.

Elena



dimanche 26 octobre 2025

 

#lundi soleil

Octobre  églises et cathédrales

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#églises et cathédrales ;


 


vendredi 24 octobre 2025

 

AIMEE

Elle venait de fêter les noces d’or, ils n’avaient pas d’enfants mais beaucoup d’amis et de la famille, nièces, cousines…

La fête fut somptueuse, Aimée était heureuse, son mari restait égal à lui-même, calme et pondéré. Une fois les invités partis, il lui dit :

-        Je suis épuisé, bonne nuit chérie ;

Elle l’embrassa et s’endormit, ils n’étaient plus tout jeunes, elle pouvait comprendre son attitude.

Le lendemain matin, elle se réveilla et ne trouva pas son compagnon, elle alla à la cuisine où elle trouva une enveloppe, elle l’ouvrit et resta stupéfaite, il écrivait qu’il partait pour toujours, il voulait être libre et profiter de ces dernières années de vieillesse.

Elle resta là le mot dans les mains ne comprenant pas ce qui avait pu se passer, une fois la stupeur un peu passée, elle essaya de s’organiser. Elle remarqua qu’il ne lui avait laissé aucun papier ni même d’argent.

 Ils avaient un magasin d’antiquaire au nom du mari, elle ne pouvait plus s’en occuper, la retraite était minime, elle n’avait rien fait pour prouver qu’elle travaillait avec son mari. Elle vit un notaire, ensuite un avocat, ce fut en vain, elle se retrouvait à 71 ans sans rien, à part l’appartement qu’il lui avait laissé, il était au nom des deux, elle pouvait le garder.

La famille se mobilisa ainsi que les amis, dès qu’une famille avait besoin de faire garder les enfants, elle s’adressait à elle, Aimée était contente de rendre service et l’argent qu’on lui donnait lui permettait de se nourrir et payer un minimum.

Elle finit dans la misère, avec l’âge elle ne pouvait plus garder les enfants. Personne n’a jamais su ce qu’est devenus son époux, malgré les recherches qu’elle avait fait au début, elle ne sut pas quand il mourut ni si elle vécut plus longtemps ou moins que lui.

Elena

 


mercredi 22 octobre 2025

 

EFFROI

Maryse entendit un bruit, elle tâta le lit et s’aperçut que son mari s’était levé ; elle vit instinctivement qu’il était 2 h du matin. Le bruit s’intensifia et elle se leva brusquement :

-        Paul, que se passe-t-il ?

N’ayant pas de réponses elle alla à la cuisine. Paul s’y trouvait avec un couteau dans la main, il découpait la nappe tout en parlant. Il était effrayant, elle ne l’avait jamais vu ainsi, aussi elle recula en demandant :

-        Que fais-tu ?

Elle l’entendit marmonner des mots incompréhensibles, elle s’approcha de lui mais il se retourna tenant le couteau à viande tourné vers elle. Maryse fit quelques pas en arrière mais le regard de Paul la fit tressaillir et elle sortit en courant. Elle ne savait pas quoi faire et se posait une tonne de questions. Le plus urgent était de se protéger et elle s’enferma dans la chambre d’amis, elle se demanda si son mari était devenu fou ?

La fatigue fut plus forte que la peur et Maryse s’endormit, elle se réveilla qu’à 9 h du matin. Elle ouvrit doucement la porte et jeta un coup d’œil à la cuisine, il n’y avait personne, la nappe était bien découpée et le couteau à viande gisait sur le sol. Elle alla ouvrir doucement la porte de la chambre, Paul était absent ; en fouillant un peu elle comprit qu’il était parti travailler comme si rien ne s’était passé.

Elle hésita puis prit le téléphone :

-        Allo Paul ?

-        Bonjour ma chérie,

-        Pourquoi as-tu découpé la nappe avec le grand couteau ?

-        Je me suis posée la même question ce matin en voyant la nappe et le couteau et je me suis demandé ce que tu avais fait ?

-        Trouve-moi une meilleure explication quand tu rentreras dis Maryse en raccrochant.

Le soir, elle attendit Paul avec appréhension, ils étaient mariés que depuis un mois et elle ne le connaissait pas si bien que ça !

La porte s’ouvrit et il entra l’air contrit, il l’embrassa puis lui dit en s’asseyant :

-        J’étais somnambule, je croyais être guéri alors je ne t’ai rien dit mais je crois que ce n’est pas le cas.

-        non répondit Maryse, tu vas continuer à te soigner et je mettrai sous clefs tous objets tranchants.

Elle tomba dans ses bras en pleurant et lui raconta à quel point il lui avait fait peur, il lui caressa les cheveux en s’excusant :

-        Ne te lève plus si tu entends du bruit et je ferai tout pour guérir si c’est possible. 

Elena



lundi 20 octobre 2025


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Octobre  églises et cathédrales

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#églises et cathédrales : Rocamadour



vendredi 17 octobre 2025

 

Konstantin  PERVOUKHINE (1863 – 1915)

Peintre russe, il est paysagiste, impressionniste, illustrateur et photographe. Il a été membre des Ambulants et est considéré comme un peintre russe de talent .

Il prend des cours privés de Répine

Il voyage à Venise entre autre  et finit sa vie à Moscou.

ci- joint ses tableaux les plus connus et son portrait :

Elena